Bretagne : Les algues vertes soupçonnées après la mort de deux chiens qui couraient sur une plage

POLLUTION Des autopsies vont être réalisées sur les deux animaux qui s’étaient promenés sur la plage de Saint-Efflam, à Plestin-les-Grèves

C.A.
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Illustration de la plage de la Grandville, à Hillion, dans les Côtes d'Armor, où les algues vertes s'échouent tous les ans.
Illustration de la plage de la Grandville, à Hillion, dans les Côtes d'Armor, où les algues vertes s'échouent tous les ans. — C. Allain / 20 Minutes

Deux chiens sont morts le week-end du 11 et 12 septembre en Bretagne. Leur point commun ? Ils avaient tous les deux arpenté la longue plage Saint-Efflam, à Plestin-les-Grèves, dans les Côtes d’Armor. Une immense plage de sable située au fond de la grève où les échouages d’algues vertes sont réguliers. Les ulves présentes sur le sable ont-elles provoqué la mort des deux animaux ? La question se pose, alors que la dangerosité de l’hydrogène sulfuré est avérée. Dans la région, plusieurs animaux comme des chevaux et des sangliers sont morts au milieu des algues vertes, qui se sont échouées en quantité cet été. Des hommes aussi, même si le lien n’a pas pu être clairement établi.

Les faits rapportés par le propriétaire d’un border collie de 5 ans baptisé Moggly laissent planer le doute. Dimanche 12 septembre, cet habitant de Lanmeur se rend sur la côte pour faire courir son chien. Au retour de la balade, son animal est pris de diarrhées. Quelques minutes plus tard, il est incapable de sortir de la voiture, comme le rapporte France 3 Bretagne. Il décédera deux jours plus tard malgré l’intervention d’un vétérinaire.

Plus dangereux en cas d’effort prononcé

Soupçonnant les algues, son propriétaire a demandé une autopsie afin de savoir si l’hydrogène sulfuré pourrait être à l’origine de la mort. Ce gaz toxique est généré par la putréfaction des algues quand elles ne sont pas ramassées. L’enquête menée récemment par Envoyé Spécial confirmait d’ailleurs que des taux de H2S supérieurs à la normale avaient été relevés aux abords de certaines plages bretonnes. Une dangerosité accrue quand l’individu ou l’animal fournit un effort, ce qui fut le cas de ce chien réputé vif et rapide.

D’après Yves-Marie Le Lay, infatigable militant et auteur de l’ouvrage Les marées vertes tuent aussi, un deuxième chien serait mort après avoir arpenté la même plage le même jour. Un troisième aurait présenté des symptômes similaires mais aurait survécu. Son association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre a accepté de financer une partie des expertises médicales et a pris contact avec la municipalité. Alors que les échouages ont été très importants cet été, notamment dans les Côtes d’Armor, les conclusions de ces autopsies seront scrutées de près. Par le passé, plusieurs cas suspects de mort par intoxication par H2S n’ont pas pu être traités faute d’examens médicaux instantanés.