Bretagne : Des fouilles sous-marines relancées pour percer le secret d’une mystérieuse épave

ARCHEOLOGIE Sept plongeurs effectuent des relevés sur l’épave ZI24, située tout près du barrage de la Rance

Camille Allain
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En Bretagne, des archéologues explorent les fonds de la Rance pour percer le secret de la mystérieuse épavec ZI24.
En Bretagne, des archéologues explorent les fonds de la Rance pour percer le secret de la mystérieuse épavec ZI24. — Adramar
  • Entre Dinard et Saint-Malo, des archéologues tentent de percer le secret de l’épave baptisée ZI24 et qui a sombré dans une zone désormais interdite.
  • Datant du XVIIIe siècle, l’épave présente une construction assez rare pour l’époque.
  • Des recherches sous-marines ont lieu jusqu’en octobre pour effectuer des prélèvements et explorer les restes du bateau et de ses 11 canons.

Elle était encore en combinaison, les cheveux mouillés quand elle a décroché son téléphone. Spécialiste de l’archéologie sous-marine, Anne Hoyau-Berry remontait tout juste d’une plongée dans les eaux de la Rance quand elle a commencé à répondre à nos questions. Membre de l’Association pour le développement des recherches en archéologie maritime (Adramar), elle participe depuis lundi à une campagne de fouille archéologique menée tout près du barrage hydraulique de la Rance reliant Saint-Malo à Dinard (Ille-et-Vilaine).

L’objectif ? Percer le mystère de l’épave baptisée ZI24 qui repose par une quinzaine de mètres de fond. « ZI24 c’est le nom de la bouée qui est située juste à côté. Ça veut dire zone interdite 24 », glisse Anne Hoyau-Berry.

Une conception « très rare »

En raison des courants très forts générés par l’usine de production d’électricité située juste à côté, la navigation y est normalement interdite. Elle et son équipe de six plongeurs ne disposent que de quelques créneaux quotidiens pour plonger. Jusqu’à début octobre, leur mission sera d’effectuer un maximum de prélèvements de bois sur la mystérieuse épave : « Elle n’a toujours pas été identifiée et sa datation n’est pas précise. On estime qu’elle date du XVIIIe siècle mais on n’en sait pas plus. » 

Spécialiste de l’artillerie, l’archéologue bretonne s’intéresse particulièrement aux 11 canons qui sont alignés sur le flanc de l’embarcation de 35 m de long construite en bois. « On ne sait pas s’il s’agissait d’un transport d’artillerie, d’un moyen de défense ou d’une simple utilisation comme rebuts pour lester le navire. On cherche des indices. »

Une « suceuse » qui aspire les sédiments

Si cette épave intéresse tant les chercheurs, c’est aussi parce qu’elle affiche des caractéristiques très particulières, notamment une construction très solide, « ce qui était rare à cette époque ». A l’aide d’une « suceuse » qui aspire les sédiments, les sept plongeurs tentent de dégager les restes du bateau, en espérant retrouver du mobilier archéologique ou des éléments en bois, dont les cernes permettraient peut-être de dater le naufrage plus précisément.

L’exploration des fonds de la Rance devrait durer jusqu’au début du mois d’octobre.