Bretagne : Dans les fermes, le Dr Toudou soigne les veaux et les maux

VETERINAIRE Sur Twitter, le jeune vétérinaire basé en Ille-et-Vilaine s’amuse à partager ses connaissances pour faire face à l’agribashing

Camille Allain
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Sur Twitter, Tudual le vétérinaire devient Dr Toudou et parle de son quotidien dans les fermes.
Sur Twitter, Tudual le vétérinaire devient Dr Toudou et parle de son quotidien dans les fermes. — Dr Toudou
  • À l’occasion du Space, salon agricole de Rennes qui se penche sur la question du bien-être animal, 20 Minutes a interrogé le Dr Toudou.
  • Ce vétérinaire spécialisé dans les bovins exerce en Ille-et-Vilaine au plus près des éleveurs qu’il défend sur ses réseaux sociaux.
  • Du haut de ses 30 ans, Tudual tente d’expliquer comment fonctionnent les fermes et plaide pour une meilleure communication avec les consommateurs.

« Docteur en blouse marron, chaussant les bottes et sentant la bouse ». C’est par ces quelques mots que le Dr Toudou se présente sur Twitter. Derrière ce profil aux quelque 20.000 abonnés se cache en fait un jeune vétérinaire de 30 ans exerçant en Bretagne et spécialisé dans les soins des bovins. C’est à quelques kilomètres de Rennes que le jeune homme exerce depuis quatre ans un métier peu connu et pourtant essentiel à l’économie de la première région agricole française. Depuis un peu moins de deux ans, Tudual a décidé de partager une partie de son quotidien dans les fermes avec l’objectif de vulgariser son métier. Mais aussi de défendre une profession souvent attaquée dont il a réussi à gagner la confiance. Alors que le Space, premier salon de l’élevage installé jusqu’à jeudi à Rennes, se penche cette année sur la question du bien-être animal, 20 Minutes a interrogé le fameux Dr Toudou.

« Je pense que le monde agricole souffre d’un gros manque de communication ». Tudual n’est pas le premier à poser ce constat. S’inspirant de quelques agriculteurs et agricultrices déjà présents sur Twitter, le Dr Toudou poste régulièrement des « brèves d’étable » ou de petites anecdotes piochées dans son quotidien. Quand sa journée est terminée, il prend aussi le temps de rédiger des « threads » pour partager ses connaissances sur certains sujets aussi techniques que polémiques. « J’ai à cœur de défendre l’agriculture que je vois, que je côtoie. Parce que l’élevage français est l’un des plus beaux au monde ».

Le Dr Toudou s’est donc exprimé sur les questions sensibles des antibiotiques chez les animaux​, de l’écornage des jeunes veaux ou de l’euthanasie. « Il y a une déconnexion entre les consommateurs et les agriculteurs. On ne comprend plus vraiment ce qu’il se passe dans nos campagnes. On ne sait pas pourquoi un agriculteur va épandre son fumier ou utiliser un herbicide. Il faut prendre le temps d’expliquer. La méconnaissance est le plus grand désastre de l’agriculture ».

« Je n’empêche personne d’avoir des convictions »

Du haut de ses 30 ans et de ses neuf ans d’études supérieures, le jeune vétérinaire ne cherche pas non plus à masquer les maux de l’agriculture bretonne et française souvent la cible de ce que l’on appelle « l’agribashing ». « Je n’empêche personne d’avoir des convictions mais j’estime qu’il faut le faire avec de bons arguments. L’agriculture a beaucoup changé et elle change encore. Mais tout prend du temps. Pour moi, il faut rester le plus scientifique possible dans nos décisions ». Le jeune vétérinaire prend l’exemple de l’anesthésie des veaux avant l’écornage. « Il a fallu former les éleveurs, leur expliquer. Ça ne se fait pas en un claquement de doigts ».

Tombé amoureux de son métier, le Dr Toudou cherche toujours à le vulgariser. Si le patron de sa clinique est au courant de son activité sur Twitter, les éleveurs le savent moins. Après avoir galéré à gagner leur confiance à ses débuts dans le métier, le jeune vétérinaire bovin préfère éviter « de les exposer ». « Je n’ai pas envie qu’ils se sentent épiés ».