Déchets à Nantes : « C’est hallucinant ! » Cécile et sa bande ont rempli plus de 700 sacs-poubelle en un an

WORLD CLEAN UP DAY Le collectif Clean walk Nanoed fête son premier anniversaire avec déjà un bilan impressionnant

Julie Urbach
Cécile, alias Pumpkin (au centre), a lancé le collectif Clean Walk Naoned il y a un an
Cécile, alias Pumpkin (au centre), a lancé le collectif Clean Walk Naoned il y a un an — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Deux dimanches par mois, à Nantes, des bénévoles arpentent les rives de Loire pour ramasser toutes sortes de déchets.
  • « 20 Minutes » a participé à l’une de ces sorties à l’occasion du World clean up day, qui se déroule samedi.

Au milieu des joggeurs matinaux du dimanche, ils ne passent pas inaperçus avec leurs rouleaux de sacs-poubelle, leurs gants, et leurs rires qui résonnent. Alors que le World clean up day encouragera les citoyens à œuvrer au nettoyage de la planète au moins une fois, ce samedi, cela fait déjà un an que Cécile et sa bande se mobilisent à Nantes. Leur collectif, appelé Clean walk Naoned, a même ramassé plus de 700 sacs-poubelle remplis de déchets en tous genres. « Soit plus de 3.000 kg qui ne se retrouveront pas dans la Loire ou l’Erdre, calcule Cécile, Pumpkin de son nom d’artiste, à l’origine de l’initiative. On a aussi récupéré plusieurs tonnes de verre… Tu vas voir, c’est hallucinant tout ce qu’on trouve. »

Dimanche dernier, pour cette « rentrée des crasses », c’est devant le skatepark et la guinguette à Vincent-Gâche, l’un des « points chauds », que cette chasse aux déchets géante commence, vers 10 heures. On se baisse ou l’on s’aide d’une pince, on farfouille un peu et… bingo ! En plus des traditionnels emballages alimentaires, bouteilles de bière, mégots ou écocups, plusieurs cartouches de protoxyde d’azote sont vite découvertes dans les broussailles, le long de la Loire. Mais il n’est pas rare de dénicher des objets plus insolites. « On a déjà eu une batterie de voiture, des DVD pornos, des animaux morts, un coffre-fort… égraine l’une des vingt bénévoles du jour, mi-amusée mi-dégoûtée. On trouve de l’argent aussi parfois, ça permet de se payer des pizzas ! »

« Une action concrète et super grisante »

De quoi se motiver pour ces sessions, d’environ trois heures et organisées deux fois par mois sur six circuits différents, qui pourraient vite devenir démoralisantes malgré la bonne humeur qui y règne : comment ne pas baisser les bras quand l’endroit qui vient d’être nettoyé est de nouveau sale quelques heures plus tard ? « En fait, c’est hyper paradoxal, avoue Edouard, qui a conservé les quelque 300 briquets déjà ramassés en un an. Ça peut paraître sans fin mais en même temps, c’est une action concrète et super grisante. Quand je ramasse un mégot, je me dis que c’est un de moins qui ira polluer les eaux. Ça me donne aussi de l’espoir de voir d’autres gens se lever tôt pour participer. Il y a des personnes de tous horizons [130 bénévoles au total], parfois des enfants avec leurs parents. »

Cécile, qui a commencé toute seule dans son quartier (gare sud) pendant le confinement, parle, quant à elle, « d’un acte un peu égoïste pour ne pas avoir totalement l’impression que le bateau coule ». La jeune femme, qui dénonce un système de récolte des ordures parfois « mal pensé », espère surtout que petit à petit, la sensibilisation au respect de l’environnement au sens large gagnera du terrain. « Au Japon, les enfants aident au nettoyage de leur classe, illustre-t-elle. Chez nous, c’est un mec qui vient nettoyer une fois que tout le monde est parti ! Le problème c’est que dès l’enfance, on prend l’habitude que quelqu’un vienne ramasser derrière nous… »

Samedi matin, plusieurs dizaines de personnes sont attendues pour une opération « spécial mégot ». Elle se déroulera quartier Saint-Mihiel, à Nantes.