Algues vertes : Des capteurs installés pour mesurer la qualité de l’air en baie de Saint-Brieuc

ENVIRONNEMENT Les mesures visent à déterminer les niveaux de concentration en hydrogène sulfuré dans la baie

J.G. avec AFP
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La plage de la Grandville, à Hillion, ici recouverte d'algues vertes en juin 2021.
La plage de la Grandville, à Hillion, ici recouverte d'algues vertes en juin 2021. — C. Allain / 20 Minutes
  • Des capteurs ont été installés dans la baie de Saint-Brieuc pour mesurer la qualité de l’air.
  • Les mesures doivent permettre de déterminer les niveaux de concentration en hydrogène sulfuré dans la baie, envahie par les algues vertes.
  • Les indicateurs apparaissent plus élèves qu’en 2020 sur un site à Hillion.

Quel est le niveau de la pollution de l’air dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) où les algues vertes prolifèrent ? Pour le savoir, des capteurs d’hydrogène sulfuré (H2S), le gaz toxique libéré par les algues vertes en décomposition, ont été installés à proximité de quatre sites de la baie afin de mesurer la qualité de l’air, a-t-on appris auprès de l’Agence régionale de santé (ARS).

« Afin de caractériser les niveaux de concentration de ce gaz à proximité de secteurs littoraux touchés par le phénomène d’échouage d’algues vertes, à l’initiative de Saint-Brieuc Armor Agglomération, et en partenariat avec l’ARS Bretagne, des campagnes de mesure de l’hydrogène sulfuré dans l’air sont effectuées par l’Association Air Breizh », a indiqué l’ARS de Bretagne après le reportage d'Envoyé Spécial diffusé jeudi, dans lequel des riverains se plaignent notamment de maux de tête.

Des indicateurs plus élevés qu’en 2020 sur un site à Hillion

Le choix des lieux retenus pour les capteurs a été dicté par « les dépôts d’algues récurrents, les difficultés d’accès pour leur ramassage, la proximité d’habitations et la fréquentation du public », a précisé l’ARS. « Ces études ont pour objectif d’améliorer la connaissance en matière de données environnementales sur des sites touchés par les dépôts d’algues vertes et d’identifier les conditions amenant à une éventuelle dégradation de la qualité de l’air », a-t-elle ajouté.

La campagne de mesure 2021, qui a démarré le 4 mai, traduit sur l’un des sites (L’Hôtellerie à Hillion) des indicateurs plus élevés qu’en 2020 avec un dépassement ponctuel de la valeur guide de l’OMS les 29 et 30 juin (respectivement 201 et 153 microgrammes par mètre cube). « Sur ce même site, du 4 mai au 15 juillet, la moyenne des relevés sur cette période est de 20,4 microgrammes par mètre cube. Et aucun dépassement n’a été relevé depuis », poursuit l’ARS.

Le suivi des mesures jusqu’au 30 septembre

La référence sanitaire définie par l’OMS est de 150 microgrammes par mètre cube sur vingt-quatre heures (moyenne journalière), une « concentration fondée sur la survenue des premiers effets irritants locaux du sulfure d’hydrogène au niveau oculaire ». « Bien que les niveaux de concentration en H2S mesurés sur le point de L’Hôtellerie restent très en deçà des seuils de toxicité à la fois par leur niveau et par leur durée, il nous a semblé pertinent (…) de compléter ce dispositif d’étude par une veille auprès des professionnels de santé de Saint Brieuc Agglomération », ajoute encore l’ARS.

Le suivi des mesures sur ces quatre sites se poursuivra jusqu’au 30 septembre 2021.