Marseille : On vous raconte tout sur la nouvelle fresque en bas des escaliers de Saint-Charles

MARSEILLE Signée de l’artiste grec Fikos, et réalisée durant le congrès mondial de la nature, la fresque lance en France le mouvement écolo et artistique des murs d’Audubon

Caroline Delabroy
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La fresque se situe au pied des escaliers Saint-Charles à Marseille, au dessus de L'Ecomotive Café
La fresque se situe au pied des escaliers Saint-Charles à Marseille, au dessus de L'Ecomotive Café — Planète Emergences
  • L’artiste grec Fikos signe une fresque géante au pied des escaliers Saint-Charles à Marseille.
  • Cette œuvre, qui fait écho au congrès mondial de la nature, est la première en France, avec une autre à Anglet, à participer au projet des murs d’Audubon.
  • Ce mouvement écologique et artistique est né à Harlem. Il consiste à peindre sur les murs des villes des fresques représentant des oiseaux menacés par le changement climatique.

Elle est apparue au pied des fameux escaliers de la gare Saint-Charles à Marseille, alors que la ville accueillait le Congrès mondial de la nature, qui se clôture ce samedi. Une immense fresque murale représentant des oiseaux, comme un appel à continuer le combat en faveur de la biodiversité. « L’idée est d’inscrire un symbole fort et une mémoire de ce congrès, explique Lauranne Germond, directrice et cofondatrice à Paris de COAL, projet qui associe art et écologie. C’est aussi le démarrage en France du mouvement des murs d’Audubon ».

Né à Harlem, ce mouvement consiste à peindre, sur les murs des villes, des fresques représentant des oiseaux menacés par le changement climatique. « Elles représentent la nature dans ce qu’elle de merveilleux et de beau. Le mouvement a eu un fort retentissement aux Etats-Unis quand Trump s’est retiré des accords sur le climat », continue Lauranne Germond. A New York mais aussi dans d’autres villes américaines, on a vu apparaître des centaines de fresques d’oiseaux, sur des murs et des devantures de magasin.

« Les oiseaux d’Amérique, c’est un truc extraordinaire ! »

« Comme la baleine pour les mammifères, l’oiseau est un bon vecteur pour sensibiliser les gens sur la beauté des choses, de la nature, et leur donner envie de la protéger », témoigne Philippe de Grissac, vice-président de la LPO et intarissable sur Jean-Jacques Audubon. Ce célèbre ornithologue et naturaliste franco-américain du XIXe siècle a donné son nom à la « National Audubon Society », le pendant américain de la LPO. « Il est le premier à peindre des oiseaux grandeur nature et dans leur milieu, raconte-t-il. Son livre Les oiseaux d’Amérique, c’est un truc extraordinaire, plus cher encore que bible de Gutenberg ! ».

Les fresques vont ainsi puiser dans ce vivier d’images et d’inspiration. Marseille ne fait pas exception, et Philippe de Grissac y a reconnu des oiseaux américains comme le « moqueur des montagnes » et « le casse-noix d’Amérique », tous deux sur la droite de la murale, que des oiseaux méditerranéens : le « traquet oreillard », un passereau noir et blanc qui vit dans les collines rocailleuses, la « huppe fasciée » (reconnaissable à sa houppe et son bec long et courbe) ou encore le « monticole bleu », qui monte assez haut en montagne mais s’aperçoit aussi en Corse en bord de mer. 

Les oiseaux, la ville, les Calanques

Pour imaginer et peindre cette fresque murale, COAL a fait appel à l’artiste grec Fikos. Durant deux semaines, il a opéré sur une nacelle, tel un artiste devant sa toile dans son atelier. Avec une palette toute en nuances de marron, de beige, de gris et bleuté. « C’est quelqu’un qui pratique les tons doux, qui s’intéresse beaucoup aux techniques byzantines », explique Lauranne Germond, qui a inauguré en parallèle une fresque Audubon à Anglet et se fixe comme objectif d’en faire éclore une centaine d’autres en France.

« J’aime cette idée de l’arrivée sur Marseille, d’être à la fois dans un paysage très urbain, et d’avoir la vue sur les Calanques au fond », sourit de son côté Caroline Seguier, directrice de Planète Emergences, qui a accompagné le projet à Marseille. Cela faisait longtemps qu’elle avait repéré le mur en bas des escaliers Saint-Charles, un parmi d’autres pour « réenchanter l’espace public en s’adressant au plus grand nombre ».