Pas-de-Calais : Le principe de « pollueur payeur » appliqué à la sucrerie Tereos

ENVIRONNEMENT Un accident industriel dans cette sucrerie près de Cambrai avait causé la mort de milliers de poissons dans le fleuve Escaut en avril 2020

Mikaël Libert
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Le fleuve Escaut, du côté d'Antoing, en Belgique.
Le fleuve Escaut, du côté d'Antoing, en Belgique. — Google Maps
  • Un accident industriel avait provoqué une importante pollution de l’Escaut en avril 202 près de Cambrai.
  • La sucrerie Tereos a été reconnue responsable par le comité de pilotage spécial sur la foi des travaux d’un groupe d’experts.
  • L’industriel devra se plier à des mesures de réparation écologique du fleuve et des milieux naturels touchés.

Pour la première fois dans les Hauts-de-France, la responsabilité environnementale d’un industriel a été reconnue après qu’il a été à l’origine d’une pollution. C’est la sucrerie Tereos, près de Cambrai, dans le Nord, qui en fera les frais, plus d’un an après un accident ayant occasionné la mort de milliers de poissons dans l’Escaut.

Dans la nuit du 9 au 10 avril 2020, la digue d’un bassin de décantation de la sucrerie Tereos d’Escaudœuvres a cédé. A l’époque, les autorités avaient avancé le chiffre de 100.000 m3 d’eau polluée déversés dans le cours d’eau jouxtant l’usine. La pollution s’était ensuite propagée dans l’Escaut et a poursuivi son chemin jusqu’au-delà de la frontière belge, tuant sur son passage des milliers de poissons et dégradant le milieu naturel.

« Procédure de responsabilité environnementale »

C’est la découverte de tous ces poissons morts qui avait éveillé les soupçons d’une pollution et une enquête avait été menée par des inspecteurs de l’Office français de la biodiversité (OFB). Rapidement, ils avaient identifié la cause probable : l’entreprise Tereos. Face à ce que les écologistes avaient qualifié de « plus gros incident écologique depuis 20 ans », un comité de pilotage avait été installé et un groupe d’experts avait été mis en place pour constater l’étendue des dégâts et déterminer les responsabilités.

Fin juin, les travaux des experts ont permis de faire aboutir, pour la première fois dans les Hauts-de-France, la « procédure de responsabilité environnementale à la suite d’un accident industriel ayant provoqué une dégradation des espaces naturels », explique la préfecture du Nord.

La responsabilité de Tereos établie, un arrêté préfectoral a été pris, fin août, pour lister les réparations attendues de la part de l’industriel. L’entreprise devra, entre autres, restaurer 10 hectares de terrains au bord de l’Escaut pour « recréer des zones favorables à la reproduction piscicole ». Tereos devra aussi diligenter de nouvelles études pour identifier d’autres sites dégradés et les restaurer.