Environnement : L’union européenne présente un accord international de lutte contre la pollution plastique

DECHETS Le texte souligne que « 80 % des plastiques qui finissent dans la mer viennent de sources terrestres »

M.F avec AFP
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Un phoque prisonnier d'un filet de pêche en plastique autour du cou sur l'île Tiulény au large de la côte est de Sakhaline dans la mer d'Okhotsk dans l'Extrême-Orient russe.
Un phoque prisonnier d'un filet de pêche en plastique autour du cou sur l'île Tiulény au large de la côte est de Sakhaline dans la mer d'Okhotsk dans l'Extrême-Orient russe. — Bumerang Club/TASS/Sipa USA/SIPA

Afin de lutter contre la pollution générée par la production de plastique dans le monde, un accord international vient d’être mis sur la table par le Pérou et le Rwanda. Soutenu par les 27 membres de l’Union européenne ainsi que sept autres pays, il propose de créer un Comité intergouvernemental de négociation avec pour mandat d’établir « un accord international juridiquement contraignant et basé sur une approche exhaustive pour prévenir et réduire la pollution de l’environnement » par le plastique.

Depuis le début des années 50, 8,3 milliards de tonnes de plastiques ont été produites à travers le monde. En dépit du progrès en matière de recyclage ou d’interdiction des produits à usage unique, le volume de déchets finissant dans les océans pourrait tripler d’ici 2040, ont souligné les organisateurs de la conférence ministérielle qui s’est tenue mercredi et jeudi à Genève.

Les microplastiques pris en compte

Cet accord prendrait aussi en compte les microplastiques (une source de pollution dont l’ampleur commence seulement à être mesurée) et ferait la promotion d’une économie circulaire englobant l’ensemble du cycle de ces produits : de leur fabrication à leur utilisation en passant par la prévention de production de déchets, leur gestion et leur traitement, précise le projet de résolution. Ce dernier doit être examiné par l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, qui doit se réunir du 28 février au 2 mars à Nairobi.

Le texte de la résolution va au-delà de la seule pollution de l’environnement marin par les plastiques parce que « 80 % des plastiques qui finissent dans la mer viennent de sources terrestres ». Pour ce faire, « il faut prendre en compte tous les milieux où le plastique échoue et se concentrer aussi bien sur les activités et mesures en amont comme en aval », souligne le texte.

Bientôt « plus de plastique que de poissons dans les océans »

Jochen Flasbarth, secrétaire d’État allemand au ministère de l’Environnement a souligné que la déclaration ministérielle avait déjà recueilli le soutien ferme de 25 pays et l’engagement de 50 autres qui ont besoin d’une décision formelle avant d’adhérer. « 25 plus 50 avant même d’avoir commencé c’est plutôt bien », a-t-il dit lors d’un point de presse.

Quant à la durée des négociations ? « Il est très difficile de prédire combien de temps les négociations vont prendre. Je pense que ce ne sera pas en mois mais plutôt en un petit nombre d’années pour voir une convention entrer en vigueur », a-t-il ajouté. Bérangère Abba, secrétaire d’État française auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée de la Biodiversité, a mis en garde : « Si nous ne faisons rien, d’ici 2050, il y aura dans les océans plus de plastique que de poissons ».