Chypre : La nappe de pétrole qui menaçait le nord l’île s’éloigne finalement des côtes

MARREE NOIRE Grâce à un changement de direction du vent, la nappe ne devrait pas atteindre les côtes chypriotes turques

M.F avec AFP
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Une marée noire se propageant en raison d'une fuite de la centrale électrique syrienne située à quelque 160 kilomètres de Chypre, s'est rapprochée le 1er septembre 2021 de l'échappée nord de l'île méditerranéenne.
Une marée noire se propageant en raison d'une fuite de la centrale électrique syrienne située à quelque 160 kilomètres de Chypre, s'est rapprochée le 1er septembre 2021 de l'échappée nord de l'île méditerranéenne. — SANA / AFP

Les autorités chypriotes turques ont annoncé que la nappe de pétrole qui menaçait l’île a commencé à s’éloigner des côtes en raison d’un vent qui a changé de direction. Le gouvernement était en alerte ce mercredi alors que la nappe se trouvait à seulement 28 km des côtes. Formée à la suite d’une fuite d’hydrocarbures la semaine dernière à la centrale électrique de Banias en Syrie, celle-ci n’a pas provoqué de dégâts sur l’île, selon un responsable de l’autoproclamée République turque de  Chypre-Nord (RTCN).

« Une grande masse de pétrole se dirige vers le nord. Nous avons placé des barrières pour empêcher des petits fragments qui pourraient atteindre les côtes », a annoncé Serhan Aktunc, le sous-secrétaire du ministère du Tourisme de l’autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN). « Les conditions météorologiques nous sont favorables », a-t-il estimé, précisant néanmoins que les fragments qui se sont déposés sur le fond marin continuent de menacer l’écosystème.

Risque d’une marée noire

Un diagnostic qui rejoint celui de la ministre du Développement et des Transports de la RTCN, Resmiye Canaltay. « La nappe a changé de forme, elle est désormais plus solide. Une partie s’est déposée sur le fond marin, risquant de provoquer des dégâts graves », avait-elle averti mardi sur la chaîne publique chypriote-turque BRT.

Pour contenir la nappe, les autorités chypriotes turques ont demandé de l’aide de la Turquie, seul pays à reconnaître la RTCN. Deux navires turcs capables de collecter le pétrole devraient atteindre vendredi la RTCN.

Les deux Républiques chypriotes prêtent à collaborer

Pour de nombreux experts, une action commune s’impose avec la République de Chypre, membre de l’Union européenne et exerçant son autorité dans le sud de l’île. « Ce n’est pas un problème qui concerne uniquement Chypre-Nord. Nous devons agir ensemble avec le Sud », a affirmé mardi Cemaliye Ozveren Ekinci, présidente de la Chambre des ingénieurs en environnement de la RTCN, à l’agence chypriote-turque TAK.

De son côté, la République de Chypre a dit mardi n’avoir « localisé » aucune trace de cette nappe, ni sur ses côtes ni dans les eaux sous son contrôle, affirmant néanmoins être prête à aider la RTCN à lutter contre toute pollution maritime. « Nous n’avons reçu aucune information ni réponse de la part des autorités du régime illégal (la RTCN, ndlr), donc nous demeurons en alerte », a déclaré le ministre chypriote de l’Environnement, Costas Kadis, à l’agence de presse Cyprus News.

L’île est divisée depuis 1974 à la suite de l’invasion de la Turquie en réaction à un coup d’Etat de partisans d’une union de Chypre avec la Grèce. Sous perfusion financière de la Turquie, la RTCN contrôle le tiers nord de l’île.