Bretagne: Au large des côtes, les coraux d’eau froide menacés par l'homme

SCIENCES A Lampaul, dans le Finistère, l’Ifremer va installer un observatoire sous-marin qui filmera ces coraux chaque jour pendant cinq ans

Clara M. avec AFP
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Image de coraux d'eau froide, ici dans le parc naturel marin d'Iroise, dans le Finistère.
Image de coraux d'eau froide, ici dans le parc naturel marin d'Iroise, dans le Finistère. — Erwan Amice/SIPA

Au large de la Bretagne, à 300 km de la pointe de Penmarc’h, se cache le canyon sous-marin de Lampaul (Finistère). Un site naturel qui renferme des coraux d’eau froide, des joyaux de l’océan encore méconnus en France. « Les coraux d’eau froide sont bien moins connus parce que moins accessibles pour le grand public, ils sont aussi moins colorés », explique Lénaïck Menot. « Leur rôle fonctionnel est cependant assez similaire à celui des coraux tropicaux. »

Le chercheur membre du laboratoire Environnement profond de l’Ifremer a travaillé sur la mise en place d’un observatoire au sein même du canyon. Ouvert depuis le 4 août, il a pour mission de protéger ces coraux, qui sont à l’origine d’écosystèmes particulièrement riches et complexes, et hébergent une grande variété de faune et de flore. Selon WWF, ces récifs coralliens abritent 25% de la vie marine de notre planète.


Mais ces coraux d’eau froide souffrent aussi des activités humaines comme la pêche et la pollution plastique dans les océans. « Depuis quelques années on observe énormément de déchets dans les lieux profonds », note Franck Lartaud, de l’Observatoire Océanologique de Banyuls et membre de la mission. « Les microplastiques posent le plus de problèmes, les coraux essayent de les ingérer puis finalement les recrachent. Ils s’épuisent complètement à ça », souligne-t-il.

Un observatoire à 900 m de fond

Pour tenter de mieux comprendre le phénomène, l’Ifremer a installé l’opération Chereef sur le navire Thalassa. Cette mission s’inscrit dans un projet européen visant à améliorer l’état de conservation des habitats marins. Elle a pour but de cartographier à très haute résolution le canyon de Lampaul, d’y réaliser des prélèvements ainsi que des expériences, et d’installer un observatoire. Installé par 900 mètres de fond, ce dernier filmera un récif de coraux quinze minutes tous les jours pendant cinq ans. Il sera doté de différents instruments de mesure, ainsi que d’une caméra capable d’aller au plus près des coraux grâce à un câble de 30 mètres de long.

En 2022, le parc marin Océanopolis de Brest espère pouvoir se doter d’un caisson hyperbare capable de présenter les coraux d’eau froide au grand public, ce qui serait une première en France. Selon l’Ifremer, le golfe de Gascogne et ses nombreux canyons sous-marins offrent des conditions propices au développement des coraux d’eau froide.