Incendie dans le Var : « Laissons la nature renaître de ses cendres », plaide le Conservatoire du Littoral

FORÊT Le Conservatoire met en garde contre les fausses bonnes idées, notamment liées au sort des tortues d’Hermann

20 Minutes avec AFP
— 
Après l'incendie, sur la commune de Grimaud, dans le Var
Après l'incendie, sur la commune de Grimaud, dans le Var — Alexandre Vella / 20 Minutes

« Laissons la nature renaître de ses cendres sur la Plaine des Maures », a appelé vendredi le Conservatoire du littoral, dans un communiqué, après l’incendie qui a brûlé 7.100 hectares de forêt dans le Var ainsi que des animaux, dont l’emblématique tortue d'Hermann.

Remerciant les nombreuses volontés qui se sont manifestées pour aider à restaurer la Réserve nationale de la Plaine des Maures, dont « 70 % de la surface ont été impactés » par l’incendie qui s’est déclaré le 16 août dans l’arrière-pays de Saint-Tropez, le Conservatoire met néanmoins en garde contre les fausses bonnes idées, dans un communiqué co-signé avec l’Office national de la biodiversité, la Station d’observation et de protection des tortues et de leurs milieux (Soptom) et le Conservatoire des espaces naturels.

Les tortues « sont adaptées à vivre dans de telles conditions »

Durant la semaine consécutive à l’incendie, la mortalité des tortues d’Hermann, dernière espèce terrestre d’Europe, s’est située « autour de 40 à 45 % », contre 90-95 % sur les caps de Saint-Tropez incendiés en 2017, explique le gestionnaire de la Réserve, en tirant le bilan des opérations de sauvetage menées aussitôt après l’incendie.

« Les populations devraient donc se régénérer avec le temps et surtout en respectant minutieusement certaines règles », souligne le conservatoire.

« Il est primordial de ne pas déplacer ni prélever les tortues d’Hermann car leur métabolisme leur permet de vivre des semaines sans boire ni manger. Elles sont adaptées à vivre dans de telles conditions depuis des millions d’années », insiste le communiqué. « Il est également très important de ne pas relâcher dans les milieux naturels des tortues détenues en captivité », en raison notamment des « maladies contagieuses » favorisées par la captivité.

Idem pour le débroussaillage systématique

« Laissons la nature renaître de ses cendres… Même s’il faut l’aider un peu », plaident les quatre signataires en répondant au passage à ceux qui accuseraient la Plaine des Maures de ne pas avoir été débroussaillée : si « les obligations de débroussaillements sont indispensables (…) et incombent aux particuliers propriétaires de biens bâtis », elles servent à « protéger les bâtiments et non pas la forêt », insistent-ils.

« Une forêt reste avant tout un espace naturel. Une forêt sur laquelle serait pratiqué un débroussaillage systématique ne serait plus une forêt, perdant ainsi toutes ses fonctionnalités écologiques », se défendent-ils.

Plus gros feu de France cette année, l’incendie qui a été déclaré éteint jeudi a coûté la vie à deux personnes et entraîné l’évacuation d’environ 10.000 personnes dans l’arrière-pays de Saint-Tropez.

Plusieurs pays méditerranéens ont été frappés cet été par de graves incendies, d’Israël au Maroc, en passant par la Grèce et l’Algérie.