Nouvelle-Zélande : Selon une étude, des insectes ne peuvent plus voler à cause de la déforestation

ANIMAUX Privé de l’abri des arbres, les Zelandoperla fenestrata se seraient retrouvés exposés au vent en altitude et auraient perdu leurs ailes au fur et à mesure

20 minutes avec agence
— 
Vue aérienne de la déforestation au Brésil, le 28 août 2019.
Vue aérienne de la déforestation au Brésil, le 28 août 2019. — Joao LAET / AFP

Des chercheurs ont affirmé que la déforestation dans le sud de la Nouvelle-Zélande avait eu une conséquence directe sur l’évolution d’une espèce d’insecte. Ils ont en effet découvert que les plécoptères de l’espèce Zelandoperla fenestrata avaient perdu leur capacité de voler à cause du changement de leur habitat. Dans leur étude publiée dans The Royal Society Publishing mercredi, et relayée par Numerama, les auteurs ont mis en cause l’activité humaine.

Ils ont ainsi expliqué dans leurs travaux que le phénomène constaté avait pour origine un « changement environnemental provoqué par l’Homme ». Les scientifiques ont tout particulièrement pointé du doigt la déforestation constatée dans les zones de délimitation des arbres, dans lesquelles les conditions climatiques et naturelles permettent aux arbres de se développer. Mais aussi dans lesquelles se trouvent ces populations d’insectes.


40 % de la surface boisée de Nouvelle-Zélande transformée en prairie

Ainsi, les Zelandoperla fenestrata sont dotés d’ailes lorsqu’ils évoluent dans un environnement arboré. Les insectes vivant en altitude ont en revanche vu leurs ailes s’atrophier par le biais de la sélection naturelle. A cause des forts vents, seuls les spécimens sans ailes ont survécu. D’après les chercheurs néo-zélandais, cette situation est donc due à l’abattage massif d’arbres dans cette région.

Le déboisement y est en effet fortement pratiqué depuis six ou sept centaines d’années. 40 % de la surface initialement boisée du sud de la Nouvelle-Zélande est désormais constituée de prairies. Privé de l’abri des arbres, les Zelandoperla fenestrata locaux se sont trouvés exposés au vent comme leurs congénères vivant en altitude. Et avec le temps, ils ont perdu leur capacité de voler.

« Ces modifications pourraient avoir eu lieu en moins de 300 générations, compte tenu de la durée relativement longue d’une génération (deux ou trois ans) chez les populations montagnardes » de l’insecte, ont avancé les auteurs de l’étude. Selon eux, le cas des Zelandoperla fenestrata constitue « un nouvel exemple de changement évolutif rapide induit par l’être humain » et la déforestation de plus en plus importante « peut avoir des conséquences sur la conservation » de cette espèce.