Le carbone émis par le mode de vie de trois Américains serait suffisant pour tuer une personne, selon une étude

ETUDE Il faudrait 3,5 Américains, 25 Brésiliens ou 146 Nigérians pour provoquer la mort prématurée d’une personne dans le monde avec les émissions de gaz à effet de serre qu’ils génèrent

20 Minutes avec agence
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De la pollution (illustration).
De la pollution (illustration). — J. David Ake/AP/SIPA

Les émissions de carbone dans l’air de trois Américains et demi seraient suffisamment élevées pour tuer une autre personne d’ici 2100, a affirmé une récente étude. Son auteur s’est appuyé sur la pollution moyenne résultant du mode de vie d’un habitant des Etats-Unis. Les travaux publiés dans Naturejeudi sont aussi partis du principe qu’un individu mourrait prématurément pour chaque tranche de 4.434 tonnes de CO2 rejetée.

A titre de comparaison, il faudrait 25 Brésiliens ou 146 Nigérians pour abréger la vie d’un autre habitant de la Terre. Daniel Bressler, à l’origine des recherches, n’a cependant pas souhaité spécifiquement pointer du doigt les Américains. « Les gens ne devraient pas prendre trop personnellement la mortalité causée par leurs émissions », a estimé le spécialiste, cité par The Guardian.

Etudier les coûts humains et sociaux

Le chercheur de l’université de Columbia à New York a en effet expliqué que ces « émissions dépendent pour beaucoup de la technologie et de la culture du lieu où on vit ». Ses travaux ont par ailleurs montré qu’une seule centrale électrique au charbon était quant à elle susceptible de tuer 904 personnes dans le monde d’ici la fin du siècle.

L’objectif de Daniel Bressler était d’étudier le coût social du carbone et d’en évaluer le coût humain. Si l’ensemble des émissions mondiales de gaz à effet de serre s’arrêtaient d’ici 2050, 74 millions de vies seraient épargnées au cours du XXIe siècle. Daniel Bressler a néanmoins tenu à préciser que les chiffres avancés dans son étude n’étaient que des estimations. Il a prévenu qu’ils pouvaient être « fortement sous-estimés ».