Australie : La Grande barrière de corail évite de peu son classement dans la liste des sites en péril établie par l’Unesco

OCEAN PACIFIQUE La communauté scientifique ne demeure pas moins inquiète quant à la dégradation de cet écosystème unique

J.Bt avec AFP
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Vue aérienne de la grande barrière de corail australienne, près de Cairns, dans l'Etat du Queensland, au nord-est du pays.
Vue aérienne de la grande barrière de corail australienne, près de Cairns, dans l'Etat du Queensland, au nord-est du pays. — Chameleons Eye / Shutters

Elle a eu chaud. L’Australie a évité ce vendredi que l’ Unesco inscrive la Grande Barrière de corail sur sa liste des sites du Patrimoine mondial en péril. Le Comité du patrimoine mondial, qui se réunit actuellement sous présidence de la Chine, a en effet décidé de reporter une décision à cet égard, après un lobbying intense de l’Australie, qui y était opposée.

Canberra redoutait en effet que cela n’entame l’attrait touristique de l’ensemble corallien, qui s’étend sur 2.300 km et génère 4,8 milliards de dollars de revenus pour le secteur touristique.

Réchauffement climatique, activités industrielles, espèces invasives

L’agence des Nations unies a publié en juin les préconisations de ses experts et organismes consultatifs qui suggèrent que cet écosystème unique, inscrit au Patrimoine mondial en 1981, soit rangé sur la liste des sites « en péril » du fait de sa détérioration. Une détérioration pour beaucoup due à la récurrence des épisodes de blanchissement des coraux. Ce dernier est provoqué par la hausse de la température de l’eau – conséquence du réchauffement climatique – , qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur vive.

Outre le réchauffement, la Grande Barrière est menacée par les activités industrielles ou agricoles ou encore par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive. L’acanthaster planci – surnommée « couronne d’épines » ou plus facétieusement « coussin de belle-mère »- se nourrit presque exclusivement de coraux, peut atteindre un mètre de diamètre et est dotée de piquants dont le venin est toxique pour l’homme.

En 2015, l’Australie avait déjà obtenu un sursis au terme d’une campagne de lobbying similaire et en promettant des milliards de dollars d’investissements pour protéger les récifs.