Bretagne et Loire-Atlantique : L'eau de mer est vert fluo ? Prenez une photo et faites avancer la science

MICROALGUES L'Ifremer mène actuellement une étude sur ces efflorescences de microalgues régulièrement constatées dans le Morbihan ou en Loire-Atlantique

Julie Urbach

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Eau colorée verte due à la prolifération de la microalgue Lepidodinium chlorophorum en Loire-Atlantique
Eau colorée verte due à la prolifération de la microalgue Lepidodinium chlorophorum en Loire-Atlantique — Minyvel Environnement/Yves Le Médec.
  • Un appel à la mobilisation citoyenne a été lancé par des chercheurs de l'Ifremer
  • Ils espèrent identifier ainsi un maximum d'efflorescences de microalgues en Loire-Atlantique et dans le Morbihan pour pouvoir les étudier.

Si vous assistez à cet étrange phénomène de mer vert fluo, ne gardez pas la photo seulement pour votre compte Instagram. A l’Ifremer, des chercheurs en ont besoin pour faire progresser leur étude actuellement menée sur ces efflorescences de microalgues, régulièrement constatées dans le Morbihan ou en Loire-Atlantique.

Ce mardi, ils ont donc lancé un « appel à la mobilisation citoyenne » pour collecter un maximum de signalements cet été et faire avancer la recherche. Car si ces épisodes ne sont pas dangereux pour l’homme, ils le sont pour les coquillages et les poissons.

L’algue microscopique, appelée Lepidodinium chlorophorum, produit « une grande quantité de mucus qui augmente la viscosité de l’eau de mer et le développement bactérien », indique l’Ifremer. De quoi visiblement gêner les huîtres et les moules des alentours puisqu’en 2018, par exemple, de nombreuses mortalités de coquillages ont eu lieu à la suite de l’observation d’eaux colorées vertes dans ces mêmes zones.

Participer via l’appli Phenomer

Si le lien de cause à effet semble établi, il faut désormais mieux comprendre le phénomène : l’eau, plus visqueuse, bouche-t-elle les branchies des coquillages ? La dégradation naturelle du mucus consomme-t-elle trop d’oxygène ? Les chercheurs ont besoin d’aller voir sur place et c’est là que les citoyens peuvent les guider en signalant ces efflorescences, qui ne se prévoient pas mais sont en général plus fréquentes à la belle saison. 

« Ces premiers éléments de compréhension sont indispensables pour pouvoir envisager par la suite la construction de futurs outils prédictifs et la mise en place de stratégies en cas d’efflorescences pour en minorer les conséquences sur les productions aquacoles locales », souligne Mathilde Schapira, chercheure à l’Ifremer au laboratoire environnement ressources Morbihan Pays-de-la-Loire et responsable du projet Lepido-pen.

Les signalements peuvent se faire via une appli dédiée appelée Phenomer ou sur son site Internet.