République démocratique du Congo : Le plus grand parc du pays retiré de la liste du patrimoine mondial en péril

BONNE NOUVELLE Le parc y avait été inscrit en 1984

20 Minutes avec AFP
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Le parc national de la Salonga, en République démocratique du Congo.
Le parc national de la Salonga, en République démocratique du Congo. — Kim S. Gjerstad / UNESCO

Le parc national de la Salonga, le plus grand de la République démocratique du Congo (RDC), a été retiré ce lundi de la liste du patrimoine mondial en péril, en reconnaissance des efforts entrepris pour le préserver, a-t-on appris auprès de l’ Unesco.

Le Comité « a décidé aujourd’hui de retirer le Parc national de la Salonga de la liste du patrimoine mondial en péril en raison des améliorations apportées à son état de conservation », a affirmé l’organisation dans un communiqué.

Stabilité des populations de bonobos

« Le suivi régulier de la faune sauvage montre que les populations de bonobos demeurent stables (…) malgré les pressions passées et que la population d’éléphants de forêt a lentement commencé à se reconstituer », ajoute le communiqué.

Le Comité a « accueilli favorablement la clarification (…) qui stipule que les concessions pétrolières chevauchant le (parc) sont nulles et non avenues » et que des blocs pétroliers à l’intérieur du parc « seront exclus des futures mises aux enchères », explique le communiqué.

La plus grande réserve de forêt tropicale humide d’Afrique

La RDC avait officialisé son projet d’exploiter du pétrole dans les parcs des Virunga (nord-est), et de la Salonga (centre) en 2018, mais depuis le gouvernement n’y a toutefois pas officiellement renoncé. Contacté par l’AFP, le ministère de l’Environnement congolais n’a pas réagi dans l’immédiat.

Créé en 1970 par l’ancien dictateur Mobutu Sese Seko, le parc de la Salonga, d’une superficie de 36.000 km2, est considéré comme la plus grande réserve de forêt tropicale humide d’Afrique. Il avait été inscrit au patrimoine mondial en péril en 1984.

Les tourbières – zones humides qui accueillent une grande biodiversité – du bassin du Congo et notamment de la Salonga couvrent 145.000 km2, soit une zone un peu plus grande que l’Angleterre, et stockent environ trente milliards de tonnes de carbone, selon l’ONG Greenpeace.

Habitat pour espèces menacées

Pour le ministère congolais de l’Environnement qui « se réjouit » de cette mesure, c’est « une occasion de mieux penser la gestion de la tourbière en vue de la quantification de sa capacité d’absorption de carbone », selon un communiqué.

Limité par des cours d’eau qui assurent son isolement, le parc Salonga sert d’habitat à de nombreuses espèces endémiques menacées : le bonobo, le paon du Congo, l’éléphant de forêt et le crocodile africain à museau étroit, selon l’Unesco.