Climat : L'Union européenne veut stopper la vente des voitures essence et diesel à partir de 2035

POLLUTION Face à cette proposition, la filière automobile s’inquiète d’un manque de bornes de recharge et d’une transformation industrielle qui pourrait provoquer une hémorragie d’emplois

M.F avec AFP
— 
La Commission européenne propose de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves dans l'UE à partir de 2035, ce qui entraînerait de facto l'arrêt des ventes de véhicules essence et diesel.
La Commission européenne propose de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves dans l'UE à partir de 2035, ce qui entraînerait de facto l'arrêt des ventes de véhicules essence et diesel. — David Zalubowski/AP/SIPA

100 % des voitures vendues en Europe d’ici 15 ans pourraient être électriques. Cette ambitieuse proposition a été soumise mercredi par la Commission européenne lors de la présentation de son vaste plan climat. Bruxelles souhaite l’arrêt des ventes de véhicules neufs à moteurs thermiques, y compris les hybrides (essence-électrique) et hybrides rechargeables d’ici 2035 dans l’UE. Un moyen de réduire les émissions de CO2 et d'atteindre les objectifs climatiques de l'UE.

Cette proposition et la douzaine de textes dévoilés par l’exécutif européen feront l’objet, pendant au moins un an, d’âpres discussions entre eurodéputés et Etats membres, mais les conséquences sociales de certaines propositions inquiètent, faisant ressurgir le spectre du mouvement français des «gilets jaunes ». Ursula von der Leyen s’est attachée à rassurer, affirmant que « l’emploi et l’équité sociale seraient au cœur de cette transformation » verte.

Vers un bras de fer avec les constructeurs

Le projet de législation, s’il était adopté en l’état, est loin de convenir aux constructeurs. Les véhicules électriques à batteries étant les seuls à satisfaire l’exigence du zéro émission, ils deviendraient de facto les seuls sur le marché du neuf en Europe, même si aucune technologie ne sera officiellement imposée. Le bras de fer opposera les principaux pays producteurs (Allemagne, France, Espagne, Italie) à ceux qui n’ont pas de constructeurs nationaux, comme l’Autriche, le Danemark ou les Pays-Bas. La France a déjà indiqué qu’elle souhaitait défendre la survie des hybrides après 2035.

« Interdire une technologie n’est pas une solution rationnelle à ce stade », a dénoncé l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). L’organisation estime que « toutes les options, y compris les moteurs thermiques très efficaces, les hybrides et les véhicules à hydrogène doivent jouer un rôle dans la transition vers la neutralité climatique ». « Rien de ce qui a été présenté aujourd’hui ne sera facile, ce sera même sacrément difficile », a reconnu le commissaire européen à l’Environnement, Frans Timmermans. La voiture, premier mode de déplacement des Européens, représente environ 15 % des émissions de CO2, un des premiers gaz responsables du réchauffement climatique.

Des bornes de recharges « tous les 60 kilomètres »

Pour pallier une demande insuffisante des consommateurs pour le 100 % électrique, la Commission préconise de développer les bornes de recharges. « Tous les 60 kilomètres », « le long des principales routes en Europe », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

A la fin de l’an dernier, l’UE recensait 260.000 points de recharge publiquement accessibles parmi ses 27 Etats membres, dont 70 % dans seulement trois pays (Allemagne, France, Pays-Bas). Elle en promet 1 million en 2025, 3,5 millions en 2030 et 16,3 millions en 2050.