Le corps des loutres de mer produit de la chaleur sans rien faire selon une étude

ANIMAUX Contrairement aux autres mammifères, les loutres n’ont pas à contracter leurs muscles pour générer de la chaleur

20 Minutes avec agences
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Une loutre de mer et son bébé (illustration).
Une loutre de mer et son bébé (illustration). — Danny Sullivan/Solent New/SIPA

Les loutres de mer ont la peau dure, peuvent tenir huit minutes sans respirer pour chasser dans l’eau et produisent de la chaleur à partir de leurs muscles pour supporter les eaux glacées du Pacifique nord. C’est ce qu’a révélé une étude publiée ce jeudi dans Science.

Le plus petit mammifère marin d’Amérique du Nord posséderait ainsi un système unique de conversion d’énergie, quand les autres mammifères se réchauffent en activant leurs muscles par l’effort ou les tremblements. La fourrure des loutres, résistante à l’eau, peut limiter la déperdition de la chaleur, mais pas suffisamment pour survivre dans les eaux de la banquise d’ Alaska, explique l’auteur principal de l’étude, Traver Wright.

De la chaleur produite sans rien faire

Les chercheurs savaient déjà que les loutres brûlent beaucoup d’énergie (trois fois plus que les autres mammifères de la même taille) et qu’elles peuvent consommer jusqu’à 25 % de leur masse corporelle par jour. Mais ils ignoraient encore quels tissus utilisaient cette énergie et comment elle se transformait en chaleur.

Traver Wright et ses collègues ont prélevé des échantillons de muscle sur des loutres de mer mortes ou récupérées par l’aquarium de Monterey Bay, qui les soignent avant de les remettre en liberté. Ils ont ensuite mesuré leur consommation d’oxygène et remarqué que chez les loutres, la majorité de l’énergie métabolique sert à fournir le corps en chaleur sans forcément contracter les muscles.

Une piste pour soigner l’obésité ?

« Elles sont très bonnes pour produire de la chaleur sans rien faire », explique Traver Wright. Cette capacité est présente chez les loutres, sauvages ou en captivité, depuis la naissance. Comme d’autres mammifères marins, elles auraient pu la développer quand leurs ancêtres ont pris la mer il y a 50 millions d’années.

Cette hypothèse doit encore être confirmée. La connaissance de leur métabolisme pourrait permettre de mieux soigner l’obésité chez les humains, selon Traver Wright. « Si on peut augmenter la production [de chaleur] et le métabolisme de base, on peut théoriquement stimuler le métabolisme humain et lui faire brûler plus de calories », a-t-il expliqué.