Loire-Atlantique : EDF renonce à son projet alternatif pour la centrale de Cordemais, colère des syndicats

ELECTRICITE Le projet écologique Ecocombust, qui consistait à remplacer le charbon combustible par du bois, est finalement abandonné par EDF

Frédéric Brenon
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La centrale EDF de Cordemais, en 2019.
La centrale EDF de Cordemais, en 2019. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA
  • Un projet, appelé « Ecocombust », était mené par EDF afin de remplacer progressivement le charbon par des granulés de bois.
  • EDF a finalement choisi de stopper le projet.
  • Menacée de fermeture, la centrale devrait continuer à fonctionner jusqu'en 2026.

Stupéfaction en Loire-Atlantique. EDF a annoncé qu’elle renonçait au projet Ecocombust, lequel permettait la conversion des unités charbon de sa centrale de Cordemais, rapporte ce jeudi le syndicat CGT. Installée en bord de Loire depuis 1970, cette centrale, qui emploie environ 350 salariés et fait travailler pratiquement autant de prestataires, alimente en électricité la majeure partie du Grand ouest.

A l’origine porté par les salariés, puis soutenu par les pouvoirs publics, le projet Ecocombust consistait à remplacer le charbon combustible par de la biomasse (granulés de bois issus de branches d’élagage ou de bois d’ameublement). Un procédé jugé nettement moins polluant qui avait reçu l’avis favorable d’une commission d’enquête publique au début du mois de mars.

Pas de fermeture avant 2026 ?

« Deux raisons principales ont conduit à cette décision : le coût du projet qui ne permettrait pas de garantir un prix attractif du produit final et le retrait récent du partenaire industriel [Suez] qui était à nos côtés », explique EDF dans un communiqué.

« EDF justifie son renoncement par des critères purement financiers, s’insurge la CGT. Les engagements de transition écologique d’EDF ne seraient-ils donc que du blabla ? Pour les salariés, la colère est à la hauteur du mépris ! ».

Le syndicat précise que la « centrale électrique va poursuivre sa production 100 % charbon jusqu’en 2026 ». L’établissement devrait donc continuer de produire à bas régime mais ne pas fermer à court terme, malgré le souhait d’Emmanuel Macron de fermer les dernières centrales à charbon de France d’ici à 2022.

Deux autres centrales doivent fermer

De son côté, la députée de Loire-Atlantique Anne-France Brunet (LREM) déplore « une occasion ratée de mettre en place une filière qui permettait de maintenir des emplois directs et indirects, de proposer une vision à long terme et de continuer à faire vivre la centrale de Cordemais après 2026 ».

La production de la centrale électrique EDF du Havre, qui fonctionne aussi au charbon, est déjà arrêtée depuis le printemps. Les deux autres centrales utilisant le charbon (en Moselle et en Bouches-du-Rhône) devraient fermer début 2022.