Lyon : Une peinture anti-chaleur testée pour rafraichir les trottoirs

INNOVATION La métropole de Lyon va mener une expérimentation d’un an. Les premiers tests montrent un écart de 10 degrés entre la zone enduite de peinture et le bitume classique

Caroline Girardon
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La métropole de Lyon teste une peinture anti-chaleur sur ses trottoirs.
La métropole de Lyon teste une peinture anti-chaleur sur ses trottoirs. — C. Girardon / 20 Minutes
  • La métropole de Lyon teste une peinture « anti-chaleur » pour rafraîchir ses trottoirs en période de canicule.
  • Un écart de 10 degrés a déjà été constaté.
  • L’expérimentation va durer un an.

Un changement notable. Il suffit de poser la main au sol pour se rendre compte de la différence. La métropole de Lyon expérimente, pour la première fois en France, une peinture « anti- chaleur » sur ses trottoirs. L’objectif est d’abaisser les températures des espaces publics, de rafraîchir l’espace lors des périodes de canicule. Le test, effectué pour les besoins du reportage, s’avère concluant : 41,8 °C enregistré à hauteur d’homme dans la partie goudronnée, 31,3 °C sur la zone recouverte de peinture ocre. Au toucher, la différence est encore plus probante : le bitume ne brûle plus la paume de main.

« Cette peinture a des vertus isolantes, elle permet de repousser les rayons du soleil et toute la chaleur emmagasinée et renvoyée par les bâtiments alentour », explique Sonia Turmel, gestionnaire de la voirie dans le 7e arrondissement de Lyon. « Il s’agit d’un outil pour lutter contre les îlots de chaleur en ville. Il y en a d’autres : la désimperméabilisation des sols pour favoriser l’infiltration des eaux pluviales, la végétalisation. Mais on ne peut pas végétaliser à chaque endroit et à chaque fois », constate Xavier Vagogne, responsable de la subdivision voirie sur secteur à la métropole de Lyon.

« Il est certain qu’on égalera jamais l’ombre d’un arbre mais cette solution a l’avantage d’être rapide et moins coûteuse », complète Sonia Turmel. Une idée : il faut compter 30 à 40 euros en moyenne pour un mètre carré de peinture contre 200 euros lors d’une végétalisation.

Vérifier si la peinture résiste aux aléas du quotidien

Pour l’instant, l’expérimentation sera menée pendant un an sur un espace de 100mètres carrés, à la croisée des rues Béchevelin et Saint-Michel, dans le 7e arrondissement. Le secteur n’a pas été choisi au hasard. « Il y a un bistrot à côté, une résidence étudiante, une vie de quartier importante, observe Xavier Vagogne. On va vite s’apercevoir s’il y a des problèmes liés à l’usage. »

« L’objectif est en effet de voir comment la peinture réagit à la vie d’un trottoir, si elle résiste aux verres d’alcool renversés, aux chewing-gums ou mégots de cigarettes jetés au sol, au passage des machines nettoyantes, aux aléas météorologiques. Il faudra également vérifier que les piétons ne glissent pas non », énumère Sonia Turmel. Et s’assurer que le revêtement ne soit pas trop éblouissant. L’enduit, commercialisé par l’entreprise Agilis, s’est révélé particulièrement lumineux, voire aveuglant par moments. « Ça va se patiner mais nous avons également la possibilité de changer de couleur », glisse Xavier Vergogne.

Ces peintures ont été mises au point dans l’aérospatiale pour revêtir des éléments constitutifs des fusées et éviter leur montée en température lors de la pénétration dans l’atmosphère. Ce type de produit est aujourd’hui utilisé dans le secteur du bâtiment pour isoler les toitures, les toits ou les terrasses. Concernant les trottoirs, il s’agit donc d’une première.