Marseille : Un ballon dirigeable va pour la première fois surveiller les départs de feu dans les Calanques

LUTTE CONTRE LES INCENDIES Le bataillon des marins-pompiers de Marseille expérimente un ballon d’hélium de 13 mètres capable de détecter un feu naissant à 10 km

Caroline Delabroy
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Le centre opérationnel traitant les images envoyées par le ballon est installé à Luminy.
Le centre opérationnel traitant les images envoyées par le ballon est installé à Luminy. — C.Delabroy/20 Minutes
  • Le bataillon des marins-pompiers de la ville de Marseille expérimente un dispositif innovant de surveillance des feux de forêt.
  • Développé par une société de La Ciotat, le ballon captif est capable de détecter des feux naissants à 10 km, et d’agir ainsi au plus vite.
  • « La saison s’annonce asséchée », met en garde le commandant du bataillon, qui appelle à la plus grande vigilance.

Dès le 12 juillet, il ne faudra pas s’étonner de voir dans le ciel marseillais un ballon dirigeable aux couleurs du bataillon des marins-pompiers de Marseille. La ville s’équipe en effet, pour ce début d’été, d’un dispositif inédit pour lutter contre les feux de forêt : un ballon gonflé à l’hélium et capable de détecter un départ de feu à 10 km à la ronde, grâce à des capteurs infrarouge embarqués et à un système de géolocalisation. Le tout en volant à 500 mètres d’altitude. « C’est une technologie utilisée pour surveiller les bases militaires en Afrique et qui est ici adaptée aux feux de forêt, c’est unique en France », explique le contre-amiral Patrick Augier, commandant du bataillon.

Les images ainsi filmées seront transmises en direct au centre opérationnel des marins-pompiers installé sur le domaine de Luminy, dans le parc national des Calanques. « La doctrine en feux de forêt, c’est d’intervenir vite et massivement, poursuit le commandant. Cela va nous aider dans l’appréciation de la situation, et pour adapter les moyens humains et matériels. « Une opération de feu de forêt, cela se conduit un peu comme une opération militaire aéroportée, détaille un capitaine du bataillon. Les camions sont un peu les chars d’assaut, les hélicoptères et avions les bombardiers d’eau, et derrière il y a les moyens terrestres. »

Le ballon captif pour lutter contre les incendies a été développé par une entreprise de La Ciotat
Le ballon captif pour lutter contre les incendies a été développé par une entreprise de La Ciotat - C.Delabroy/20 Minutes

10 jours d’autonomie en vol

« La particularité du feu de forêt, poursuit-il, c’est qu’on a un cône de progression. Il tend à s’écarter et s’agrandir, l’enjeu est de bien rétrécir les flammes pour les stopper. » Et d’agir vite donc. Développé par la société A-NSE basée à La Ciotat, le ballon fait 13 mètres de long. Il peut rester 10 jours en vol sans complément d’hélium. « Par rapport à un drone par exemple, c’est une vraie valeur ajoutée », relève le commandant Christophe, chef de la division études du bataillon. Mais surtout, le ballon est capable de rester stable avec des vents à 80 km/heure, là où le risque incendie est le plus fort.

Ce premier test va durer jusqu’au 26 juillet. La ville de Marseille loue pour le moment l’équipement. « L’infrarouge va détecter une zone de chaleur, qui intègre les fumées et peut faire que la surface impactée paraisse plus grande, c’est tout cela qu’il va falloir mesurer et éventuellement réajuster », indique le commandant Christophe, confiant en l’avenir du dispositif : « Le monde de la Sécurité civile a besoin d’intégrer les nouvelles technologies, il faut être vigilant à ce qu’elles correspondent à un besoin métier, à bien définir nos besoins, c’est ce que nous faisons. »

Une sécheresse en avance d’un mois

Pour cette campagne des feux de forêt 2021, lancée ce mardi en présence du maire Benoît Payan, jusqu’à 770 marins-pompiers sont mobilisables en une heure en cas d’incendie. Dans les Calanques, les massifs sont aussi sous la haute surveillance des cabanes installées sur les points les plus hauts. Une fois un éventuel incendie détecté, le ballon retournera à sa base, à Luminy, pour ne pas gêner les opérations aériennes.

« La saison s’annonce asséchée », met en garde le contre-amiral Patrick Augier, qui appelle à la plus grande vigilance : « Les niveaux de réserve d’eau pour les végétaux sont plus bas que l’année dernière, ils sont déjà comparables à ceux du mois d’août, soit un mois d’avance. » Le bataillon est déjà intervenu en renfort le week-end dernier dans l’Aude.