Lyon : La forêt asiatique du parc de la Tête d'or ouvre mercredi

ANIMAUX A la veille de l’ouverture, le nouvel exécutif de Lyon a dissipé tout malentendu sur l’avenir du zoo de la Tête d’or, affirmant que sa mission était de préserver les espèces menacées d’extinction

Caroline Girardon
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La nouvelle forêt asiatique du parc de la tête d'Or ouvre mercredi à Lyon.
La nouvelle forêt asiatique du parc de la tête d'Or ouvre mercredi à Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes
  • La forêt asiatique du parc de la Tête d'or de Lyon, un nouvel espace de 7.000 mètres carrés, ouvrira mercredi après-midi.
  • Dix-neuf espèces peuplent cette nouvelle forêt asiatique, réalisée dans l’ancienne éléphanterie.
  • « La première mission de ce zoo est de protéger et préserver des espèces menacées en tenant compte du bien-être animal », explique la mairie.
  • Le nouvel exécutif promet d'investir un million d’euros jusqu’en 2026 pour améliorer les infrastructures existantes.

Il faudra s’armer d’un peu de patience pour apercevoir Boca. Pour l’instant, le petit binturong préfère dormir à l’abri des regards, bien caché au milieu des végétaux, plutôt que de se suspendre aux trapèzes qui lui sont réservés ou de sauter de nasse en nasse. L’animal cherche encore ses marques. Depuis peu, il a pris place dans la forêt asiatique du parc de la Tête d’Or de Lyon, un nouvel espace de 7.000 mètres carrés qui ouvrira mercredi après-midi.

A quelques mètres, Pinola prend un bain de soleil, couchée derrière les bambous. La femelle tapir malais risque bien de devenir l’une des futures stars du zoo lyonnais. D’autant qu’elle va devoir apprendre à se doucher en public, en appuyant avec sa trompe sur le bouton dédié.

Pinola, femelle tapir malais, sera l'une des stars de la nouvelle forêt asiatique du zoo de la tête d'Or.
Pinola, femelle tapir malais, sera l'une des stars de la nouvelle forêt asiatique du zoo de la tête d'Or. - C. Girardon / 20 Minutes

« On lui a installé une piscine et une douche pour qu’elle puisse se fraîchir au maximum l’été, glisse Gwendoline Anfray, la directrice ajointe et vétérinaire du zoo de la tête d’Or. Mais elle reste relativement timide. Il faut qu’elle s’habitue encore à son environnement. » Comme tous les autres pensionnaires, fraîchement installés. 19 espèces peuplent cette nouvelle forêt asiatique, réalisée dans l’ancienne éléphanterie, où se logeaient auparavant Baby et (feue) Népal.

Des espèces menacées d’extinction

L’espace comprend désormais deux immenses volières, situées à l’extérieur, où cohabitent de gibbons, des élaphodes, des civettes et tout un tas d’oiseaux rares comme des étourneaux de Bali. L’ancien dortoir des éléphants a été réhabilité pour accueillir des amphibiens et des reptiles, signant ainsi leur « retour » au parc. La particularité ? Il s’agit tous d’espèces menacées. Et même « sur liste rouge », souligne Nicolas Husson, adjoint à la mairie en charge de la biodiversité, la nature en ville et la protection animale. « Il nous faut les protéger si un jour, elles doivent être réintroduites dans leur milieu naturel », poursuit-il.

« La première mission de ce zoo est de protéger et préserver des espèces menacées en tenant compte du bien-être animal », appuie Grégory Doucet, le maire de Lyon. Un partenariat a été signé entre la ville et l’école vétérinaire VetoAgroSup, qui sera chargée de faire le bilan du transfert des animaux dans ces enclos plus spacieux. A l’instar de Boca le binturong et sa petite famille, certains d’entre eux vivaient au zoo depuis quelques années. « Ils étaient installés dans des locaux trop exigus. Nous les avons replacés pour qu’ils vivent dans de meilleures conditions », précise Gwendoline Anfray, ajoutant que le parcours des promeneurs dans les allées de la forêt sera immersif. « Ce sont les visiteurs qui s’invitent dans le milieu des animaux. On les verra, ou parfois pas, s’ils préfèrent se cacher. Il ne s’agit plus de les exhiber à tout prix. »

Une famille de gibbons a été installé dans l'une des immenses volières du parc de la tête d'or.
Une famille de gibbons a été installé dans l'une des immenses volières du parc de la tête d'or. - C. Girardon / 20 Minutes

Accusé à tort de vouloir fermer l’endroit, le nouvel exécutif a dissipé tout malentendu, précisant même vouloir investir un million d’euros jusqu’en 2026 pour améliorer les infrastructures existantes. L’espace extérieur dans lequel vivent les panthères de l’Amour devrait être doublé, par exemple. Une étude a également été lancée pour transférer les capucins à poitrine jaune dans l’ancien enclos des ours, où pourrait être construite une immense volière, avec un volume d’espace de vie multiplié par 30 pour les singes.

La mairie réfléchit également à réaménager la plaine des daims pour accueillir des espèces françaises et européennes menacées tout en menant « un travail expérimental » sur les plus gros mammifères du parc. « Lorsque le lion sera mort, on n’en fera vraisemblablement pas venir d’autres pour le remplacer », prévient toutefois Nicolas Husson. Les crocodiles devraient prochainement être transférés dans des oueds protégés au Maroc. N’espérez pas revoir des éléphants et des ours non plus. Mais il y aura toujours des panthères de l’Amour, des chats des sables, des girafes, des cercopithèques de l’Hoest, des pandas roux ou des binturongs à admirer.