Sécheresse : Les pêcheurs alertent sur l’état des rivières en France

CLIMAT Les pêcheurs dénoncent les activités humaines qui perturbent la continuité des rivières et la vie des différentes espèces qu’elles abritent

20 Minutes avec agences
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Un pêcheur au bord d'un lac. Illustration.
Un pêcheur au bord d'un lac. Illustration. — Vladimir - Sipa

La Fédération de la pêche (FNPF) a lancé ce mercredi une campagne pour « sauver nos rivières ». « Les pêcheurs constatent, chaque jour et sur toute la France, le manque d’ eau dont souffrent les milieux aquatiques », alerte la fédération dans un manifeste.

« Pourrons-nous encore voir des poissons nager dans nos rivières dans 50 ans ? », interroge la FNPF, forte de 1,5 million de titulaires d’une carte de pêche en eau douce. Les rivières sont en effet menacées par les conséquences de l’activité humaine et des périodes de sécheresse qui vont en s’intensifiant.


Trop d’interférences humaines

L’année 2020 a déjà connu l’été le plus sec depuis le début des mesures de Météo-France. A l’approche de l’été 2021, une grande partie de la France, en particulier la moitié Est, est menacée par une nouvelle sécheresse. « D’ici 2070, en particulier sous l’effet des changements climatiques, le débit des cours d’eau va diminuer drastiquement, de 15 % à 40 % », avertit la FNPF.

Les pêcheurs accusent la multiplication des ouvrages (barrages, moulins) qui rompent la continuité des rivières et empêchent le passage des poissons, notamment les espèces migratrices. Ils dénoncent aussi la disparition de nombreuses zones humides, qui contribuent à la recharge des nappes phréatiques et servent de lieux de reproduction à de nombreuses espèces, le gaspillage des réseaux d’eau potable et des prélèvements inadaptés à usage agricole dans des régions « bien trop sèches ».

Un ministère de l’Eau demandé par les pêcheurs

Les pêcheurs réclament donc des mesures pour « une gestion de l’eau économe, concertée et équilibrée ; un recours aux solutions de stockage de l’eau localement justifié ; une politique de restauration de la continuité écologique ambitieuse et stabilisée [et] une protection forte des zones humides ». Ils demandent aussi la création d’un « ministère de l’Eau avec des moyens dédiés ».

Le gouvernement a mis plus tôt cette semaine en consultation publique un nouveau décret encadrant l’utilisation de l’eau dans le pays, notamment les prélèvements pour l’agriculture. Il définit notamment la notion de « volume prélevable » et renforce le rôle des « préfets coordonnateurs de bassin » pour évaluer les quantités disponibles et la répartition entre différents usages.