Seine-Maritime : L’arrêté autorisant l’abattage de 1.430 renards annulé par la justice

ANIMAUX L’arrêté préfectoral avait déjà été suspendu en septembre par le juge des référés du tribunal administratif de Rouen

20 Minutes avec agences
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Un renard (image d'illustration).
Un renard (image d'illustration). — Pixabay

Le tribunal administratif de Rouen a annulé ce vendredi un arrêté qui autorisait l’abattage de 1.430 renards en cinq mois. La préfecture de Seine-Maritime avait pris cet arrêté le 20 juillet 2020 dans un but de « régulation » de la population de renards.

En septembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif a suspendu cet arrêté, qui autorisait les lieutenants de louveterie du département à abattre les animaux. L’arrêté est désormais annulé pour de bon.



Pas de vrai risque de transmission de maladies

Le tribunal administratif a rejeté un à un les arguments de la préfecture. Il a déclaré que l’indice kilométrique d’abondance (IKA), qui consiste à dénombrer le nombre d’animaux par kilomètre carré, est pour les renards « inférieur à la moyenne nationale » et « stable » en Seine-Maritime malgré une hausse en 2019. Il a aussi rejeté l’argument des dégâts causés par les renards, faute de preuves.

Le préfet invoquait en outre un « risque de propagation de maladies transmissibles à l’homme ». Le tribunal a répondu que l’échinococcose alvéolaire, en cause dans cette affaire, reste une maladie « rare et stable en France ». Il a ajouté que la régulation du renard est inefficace dans cette optique, car elle réduit la prédation des petits rongeurs qui transmettent plus facilement les maladies.

Quant à la gale sarcoptique, aussi citée dans le dossier, le tribunal a jugé qu’il s’agissait d’une « maladie bénigne qui se transmet rarement à l’homme et dont la guérison est spontanée ». Toutes ces procédures faisaient suite à des recours déposés par les associations One Voice et la Ligue de protection des oiseaux (LPO).