Insecticides : L’Union européenne ouvre la voie à de nouveaux efforts de protection des abeilles

POLLINISATION Sur les effets des pesticides, les ministres de l’Agriculture de l’UE se sont accordés sur « un taux de réduction maximum » de 10 % de la taille des colonies d’abeilles

20 Minutes avec AFP

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Des abeilles à l’entrée d'une ruche (illustration).
Des abeilles à l’entrée d'une ruche (illustration). — Caro / Sorge /SIPA

La protection des insectes a été lundi au cœur des discussions au sein de l’Union européenne. Les ministres de l’ Agriculture des 27 se sont accordés sur la manière de prendre en compte, dans l’évaluation des pesticides, leurs effets sur les colonies d’abeilles. Cette décision va ouvrir la voie à de nouvelles mesures contre le déclin de ces insectes cruciaux pour la pollinisation.

Les pesticides ne peuvent être autorisés dans l’UE que si « une évaluation complète des risques » a démontré l’absence de nocivité sur la santé humaine et d’effets « inacceptables » sur l’environnement, mais les critères pour évaluer l’impact sur les abeilles n’avaient pas évolué depuis 2002, selon la Commission européenne.

Des ministres initialement très partagés

Saisie en mars 2019 par l’exécutif européen, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a élaboré plusieurs scénarios permettant de fixer des « objectifs spécifiques » de protection des abeilles mellifères dans l’évaluation des pesticides. Parmi les diverses méthodes proposées, les ministres ont conclu lundi que fixer un seuil de réduction « acceptable » de la taille des colonies d’abeilles « offrait une protection suffisante ».

Alors que les Etats étaient initialement très partagés sur le niveau de ce seuil, ils se sont finalement accordés sur « un taux de réduction maximum » de 10 % de la taille des colonies d’abeilles dans l’ensemble de l’UE. Une baisse supérieure de la population d’abeilles serait donc considérée comme critique. Plusieurs Etats plaident en outre pour abaisser encore ce seuil.

« Les ministres sont convenus de la nécessité d’accroître les ambitions de l’UE en matière de protection des abeilles mellifères tout en veillant à ce que les mesures puissent être mises en œuvre par les États », indique le communiqué des 27 sans autre précision. Selon l’ONU, citée par le Conseil européen, les abeilles pollinisent 71 des 100 espèces cultivées fournissant 90 % des denrées alimentaires mondiales. Or ces dernières années, l’effondrement des populations d’insectes pollinisateurs, très vulnérables aux pesticides, menace des productions agricoles.

Le plan français sur les pesticides

Le gouvernement français a d’ailleurs mis ce lundi en consultation un « plan pollinisateurs » visant à contrer le déclin des abeilles. Il avait été promis par Paris en août 2020 après la réintroduction temporaire des insecticides néonicotinoïdes, qualifiés de « tueurs d’abeilles », pour la culture de la betterave. Ce plan français prévoit d’évaluer le risque de tous les pesticides, dont les herbicides et fongicides, pour les pollinisateurs en vue d’une possible restriction, voire interdiction de traitement sur les cultures attractives en floraison, aujourd’hui applicable uniquement aux insecticides.