Outre-mer : L’utilisation des pesticides est « 3 à 4 fois plus fréquente » qu’en métropole, selon l’Anses

ENVIRONNEMENT En Guadeloupe par exemple, 94,8 % des ménages ont utilisé des pesticides au moins une fois dans l’année, selon l’Anses

20 Minutes avec agences
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Illustration d'un tracteur pulvérisant un pesticide dans un champ.
Illustration d'un tracteur pulvérisant un pesticide dans un champ. — Allili Mourad / SIPA

La prolifération d’insectes due au climat tropical serait la principale explication. L’utilisation des pesticides est « 3 à 4 fois plus fréquente », tous usages confondus, en Outre-mer qu’en métropole, selon un rapport de l’agence sanitaire Anses publié ce lundi.

Cette enquête a été réalisée auprès de 608 ménages des Antilles et de La Réunion en 2015. « Comme en métropole, l’utilisation des pesticides à domicile est très répandue » en Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion, avance l'Anses.

Le climat tropical favorise la prolifération des insectes

C’est particulièrement vrai en Guadeloupe, où « 94,8 % des ménages ont utilisé des pesticides au moins une fois dans l’année ». Cette proportion est de 70,1 % à La Réunion et 58,3 % en Martinique, poursuit l’Anses, selon laquelle « les produits sous forme d’aérosols ou de sprays sont les produits les plus fréquemment employés ».

D’après l’agence sanitaire, « le climat tropical favorise la prolifération d’insectes comme les moustiques, cafards et fourmis. Ces derniers apparaissent donc comme la principale cible des traitements ». Ainsi, « une comparaison directe des résultats entre la métropole et les îles est peu pertinente », avance l’Anses, justement car les conditions climatiques et la prolifération d’insectes y sont très différentes.

Des produits stockés mais interdits depuis leurs achats

Le rapport révèle aussi que « la part des très forts utilisateurs, c’est-à-dire ceux utilisant des pesticides plus de deux fois par semaine au moins, représente près de 1/3 des ménages à La Réunion, 1/4 en Guadeloupe, et 1/5 en Martinique ». Comme en métropole, les ménages en Outre-mer stockent des produits achetés il y a longtemps mais aujourd’hui interdits. C’est particulièrement vrai pour les pesticides destinés aux plantes, « dont l’achat peut parfois remonter à 10 ans ou plus ». Enfin, « en Guadeloupe et en Martinique, près de 80 % des produits non utilisés et périmés sont jetés à la poubelle au lieu d’être apportés en déchetterie. Sur l’île de La Réunion, ce chiffre atteint 60 % ».

A noter que ce rapport est le volet consacré aux Outre-mer d’une enquête baptisée Pesti’home, dont les conclusions pour la métropole avaient été publiées en 2019. Elle montrait que 75 % des 1.500 ménages de l’enquête métropolitaine avaient utilisé au moins un pesticide dans les 12 mois précédents, qu’il s’agisse de produits pour les plantes, contre les insectes, les rongeurs ou les parasites type puces ou poux.