La Ciotat : Payer vos bijoux avec des déchets ramassés sur la plage ou en mer

RECYCLAGE Une marque associative de bijoux conçus à partir de déchets sauvages lance cette opération pour sensibiliser à la pollution du plastique en mer

Caroline Delabroy
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L'association Sauvage Méditerranée valorise les déchets ramassés en mer ou sur la plage
L'association Sauvage Méditerranée valorise les déchets ramassés en mer ou sur la plage — Sauvage Méditerranée
  • Lancée par l’association Sauvage Méditerranée, une marque de bijoux et sacs valorise les déchets collectés lors d’opérations de ramassage sur les plages et en mer.
  • Elle accepte tout l’été, chaque soir au marché de La Ciotat, un sac rempli de déchets sauvages – valorisé 15 euros – comme monnaie d’échange.

Ils seront tout l’été au marché nocturne de La Ciotat, sur le Port Vieux. Avec une particularité par rapport aux stands voisins : les bijoux et sacs éco-conçus de la marque locale Sauvage pourront être payés avec… des déchets ramassés en mer ou sur la plage. « On prend tout, pas seulement les bouchons en plastique comme on avait lancé l’idée à Noël, on ne veut pas que les gens se disent devant un déchet, celui-là, je ne le ramasse pas », sourit Manu Laurin, fondateur de l’association Sauvage Méditerranée, spécialisée dans le recyclage des déchets marins.

Un an après avoir nagé 120 km entre Marseille et Toulon pour collecter les déchets qu’il trouve sur son passage, il imagine en 2018 une solution pour « aller au bout », « boucler la boucle ». L’idée n’est pas d’être une association de ramassage de déchets sauvages en plus, mais cette fois de les valoriser. Un atelier est ouvert à Aix-en-Provence où l’équipe imagine des premiers bracelets fabriqués à partir de filets de pêche. La collection compte aujourd’hui une trentaine d’articles, dont des bijoux fabriqués avec « du verre poli, ramassé notamment dans les Calanques. »

	L'association Sauvage Méditerranée valorise les déchets ramassés en mer ou sur la plage
L'association Sauvage Méditerranée valorise les déchets ramassés en mer ou sur la plage - Adrien Piquera

L’équivalent d’un sac de courses

En pratique, un sac de courses rempli de déchets ramassés dans la nature (soit 1 kg environ) donnera droit à 15 euros de bon d’achat sur le stand, soit le prix d’un bracelet par exemple. « Notre marque est pensée comme très participative, pour que les gens soient acteurs et pas seulement consommateurs », poursuit Manu Laurin, qui garde toujours dans l’atelier des déchets ramassés lors de son périple de 2017, pour l’exemple. « J’avais collecté 1 kg de déchets par kilomètre nagé », souffle-t-il.

A présent, les déchets viennent surtout des associations partenaires de la région, qui luttent aussi contre l’invasion du plastique en mer Méditerranée. A but non lucratif, l’association réinvestit le produit des ventes dans l’achat de matériel pour l’atelier. « On reverse aussi une partie à nos associations partenaires, pour soutenir les actions de collecte, tout ça c’est très circulaire, poursuit le fondateur. On ne brevette rien, quiconque peut venir à l’atelier utiliser les machines, lancer des idées. »

Cette année, les compétiteurs du Défi de Monte-Cristo se verront remettre des médailles et trophées spécialement conçus par la marque, avec toujours des déchets recyclés. Le Delta Festival a fait aussi appel à eux. « On traite 1,2 tonne de déchets par an, par rapport à un industriel c’est peu, mais c’est un bon début », indique Manu Laurin, qui rappelle que la production de plastique ne cesse d’augmenter et que « 80 % des déchets retrouvés en mer viennent de la terre. »