Surf : La start-up Nomads Surfing veut lancer une industrie écoresponsable de la discipline

ENVIRONNEMENT La start-up bordelaise Nomads Surfing propose des planches de surf et des accessoires conçus à partir de polystyrène, de filets de pêche ou de bouchons de liège recyclés

Mickaël Bosredon

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La start-up bordelaise Nomads Surfing réalise des planches de surf à base de pains de mousse polystyrène en partie recyclé et de déchets végétaux
La start-up bordelaise Nomads Surfing réalise des planches de surf à base de pains de mousse polystyrène en partie recyclé et de déchets végétaux — Nomads surfing
  • La start-up Nomads Surfing expose jusqu’à dimanche à Bordeaux une œuvre monumentale composée de bouteilles plastique pour sensibiliser à la pollution des océans.
  • Lancée en 2018, cette jeune pousse propose des planches de surf et des accessoires écoresponsables.
  • Elle vient ainsi de lancer des « pads » (le grip qui sert à positionner ses pieds sur la planche) à partir de bouchons de liège recyclés et de liège naturel fabriqué dans les Landes.

Ce sont eux qui sont à l’origine du « vortex » de sept mètres de haut, composé de 7.500 bouteilles plastiques, que l’on peut admirer au milieu de la promenade Sainte-Catherine à Bordeaux jusqu’à dimanche prochain. Thomas Cervetti, Basile Gentil et Nicolas Thyebaut sont les trois fondateurs de la start-up Nomads Surfing. Outre la réalisation de produits de surf éco-conçus, cette entreprise s’engage aussi dans la sensibilisation du public à la pollution plastique des océans, d’où cette œuvre commandée à l’artiste Gérard Dumora.

De gauche à droite, Nicolas Thyebaut, Basile Gentil et Thomas Cervetti, de la start-up Nomads Surfing, devant le vortex de bouteilles plastiques à la Promenade Sainte-Catherine.
De gauche à droite, Nicolas Thyebaut, Basile Gentil et Thomas Cervetti, de la start-up Nomads Surfing, devant le vortex de bouteilles plastiques à la Promenade Sainte-Catherine. - Mickaël Bosredon/20Minutes

Alors qu’ils travaillaient dans le monde du BTP, de l’aéronautique et de l’agronomie, ces trois surfeurs ont décidé de tout plaquer pour s’aventurer dans ce projet Nomads Surfing, en 2018.

« Proposer une alternative aux surfeurs »

« Le déclic s’est produit lorsque j’ai rencontré Thomas alors que nous étions tous deux expatriés en Malaisie, raconte Nicolas Thyebaut. En Asie du Sud-Est, on surfe littéralement dans des océans plastiques, quand on rame du côté de Bali à la saison des pluies, on peut passer la main dans l’eau et récupérer du plastique à même la surface. Ça nous a choqués. Et l’industrie du surf participe à cette pollution, sachant que les combinaisons, les planches sont issues de l’industrie pétrochimique. C’est là qu’on s’est demandé comment proposer une alternative aux surfeurs conçue localement, à partir de matériaux biosourcés ou issus de déchets valorisés. »

La start-up a commencé par concevoir des planches de surf plus vertueuses. Elles sont fabriquées à base de pains de mousse polystyrène en partie recyclé, et d’une résine époxy composée à 40 % de déchets végétaux ou encore de fibres naturelles de lin et de basalte. « On essaie de garantir une recyclabilité en récupérant des planches en fin de vie que l’on délamine pour récupérer des composants » précise Basile Gentil. « A terme, on aimerait utiliser un matériau 100 % recyclé ou bio-sourcé pour substituer la partie pétrole de la mousse avec d’autres composants. Mais les phases de tests durent des mois. »

Ailerons à partir de filets de pêche

La start-up bordelaise propose aussi des ailerons à partir de filets de pêche, et depuis peu des « pads » (le grip qui sert à positionner ses pieds sur la planche) à partir de bouchons de liège recyclés et de liège naturel fabriqué dans les Landes. « On travaille aussi sur un leash [laisse qui retient la planche au surfeur] à partir de matériaux recyclés, ajoute Nicolas Thyebaut. Et le tout fabriqué au maximum en France sachant que 90 % des accessoires proviennent de Chine. On veut redonner vie à une industrie du surf locale. »

Les planches sont fabriquées au Portugal et en France, les ailerons à côté de Clermont-Ferrand, les pads à Soustons (Landes) alors que les leash devraient être fabriqués en France et assemblés à Bordeaux. « On a aussi toute une gamme de bagagerie éco-conçue fabriquée à Bordeaux avec une association solidaire qui s’appelle Récup’R, en récupérant les bâches d’événement en tout genre, par exemple celles du Lacanau Pro [compétition de surf]. »

« Prix accessibles »

Les produits de Nomads Surfing se trouvent principalement en ligne, mais « nous sommes aussi chez pas mal de distributeurs et présents dans beaucoup de surf shops », explique Nicolas Thyebaut. « Et à des prix accessibles », assure Thomas Cervetti. La start-up a intégré en janvier dernier pour une durée d’un an l’incubateur Sportech, qui fait partie d’Unitec, une des principales structures d’accompagnement de start-up de la région bordelaise. « Cela nous aide à nous structurer et obtenir des subventions, notamment de la région », précise Thomas Cervetti.

Parallèlement la jeune pousse veut poursuivre ses actions de sensibilisation, et espère que son vortex de bouteilles plastiques voyagera dans d’autres villes. « On souhaite apporter une réflexion sur notre consommation, sachant qu’un camion benne de plastique est déversé chaque minute dans l’océan, souligne Thomas Cervetti. Cela représente bien plus que 7.500 bouteilles… »