La Terre absorbe deux fois plus de chaleur provenant du Soleil et n’en rejette plus assez

CHANGEMENT CLIMATIQUE La quantité de chaleur provenant du Soleil qui reste piégée sur notre planète sans être rejetée a été multipliée par deux entre 2005 et 2019

20 Minutes avec agence
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La Terre vue depuis l'espace (illustration).
La Terre vue depuis l'espace (illustration). — NASA/Sipa

La quantité de chaleur absorbée par la Terre a été multipliée par deux en quinze ans. C’est ce qu’affirme une étude réalisée par la Nasa et l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) et publiée ce mardi dans la revue scientifique Geophysical Research Letters.

Jamais la différence entre l’énergie provenant du Soleil reçue par notre planète et celle rejetée n’avait été aussi importante. Le phénomène est préoccupant : il a pour conséquences une nouvelle hausse des températures moyennes et une aggravation de la fonte des glaces et de la montée du niveau des océans.

Un cercle vicieux en cours sur Terre

C’est en effet dans ces derniers que se retrouve finalement 90 % de la chaleur résultant du déséquilibre, avec à la clé une acidification qui nuit à la biodiversité marine. Norman Loeb, scientifique à la Nasa et auteur principal de l’étude, évoque aussi de futurs « changements dans les flux atmosphériques, par exemple des phénomènes extrêmes comme des vagues de sécheresse », relaie CNN.

Pour expliquer le phénomène, le chercheur pointe du doigt l’activité humaine mais aussi des « fluctuations au sein du système climatique » sous forme de cercle vicieux. La hausse des températures provoque en effet une hausse de la quantité de vapeur d’eau présente dans l’atmosphère. Cette dernière favorise à son tour la montée en puissance de la chaleur. L’étude porte sur des données fournies par des satellites entre 2005 et 2019.

Norman Loeb a qualifié la période choisie de « photo instantanée » et appelle de ses vœux de nouveaux travaux scientifiques permettant une vision à plus long terme. Les auteurs de l’étude jugent leurs résultats « saisissants » et estiment que la quantité de chaleur qui s’accumule sur Terre doit diminuer sous peine d’une détérioration supplémentaire de la situation climatique.