Au sud de Nantes, le projet d’extension des carrières de sable crée des remous

MOBILISATION Un rassemblement, pouvant réunir plusieurs milliers d'opposants, est organisé ce week-end 

Julie Urbach

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Illustration d'une carrière de sable
Illustration d'une carrière de sable — Caro Oberhaeuser / SIPA
  • Les carrières de sable installées à Saint-Colomban (Loire-Atlantique) aspirent à s'étendre dans les prochaines années.
  • Un projet contesté par certains habitants qui se disent opposés à la « bétonisation et l’exploitation sans limite du sable, qui dévaste le nord de la commune ».

Ils veulent dénoncer la « bétonisation et l’exploitation sans limite du sable, qui dévaste le nord de la commune ». Tout le week-end, les opposants au projet d’extension des sablières de Saint-Colomban (Loire-Atlantique) ont prévu manifestation et grand rassemblement auxquels pourraient participer entre 1.000 et 3.000 personnes. Dans leur viseur, l’agrandissement d’ici à 2023 d’une soixantaine d’hectares des carrières de GSM et Lafarge. Installées depuis plus de vingt ans dans cette commune au sud de Nantes, ces entreprises extraient le matériau, utilisé ensuite pour la construction, les aménagements publics, ou encore l’agriculture.

Pour certains réunis dans l’association La tête dans le sable, les opposants redoutent tant cette extension que ses conséquences pour le territoire, choisi par ces carriers pour sa géologie favorable. « Le sable n’est pas une ressource infinie, nous pensons qu’il faut la préserver, estime Sylvain Jallot, membre du collectif. L’autre problème est qu’il favorise le maraîchage industriel, et donc la disparition des exploitations agricoles à taille humaine du territoire. « Niveaux d’eau qui baissent », « biodiversité en danger », « artificialisation des sols »… Les effets sur l’environnement de cette activité serait également nombreux, à en croire ces riverains.

Une extension « indispensable » pour répondre aux besoins du territoire

Du côté des porteurs de projet, la lecture est évidemment différente. « Nous nous sommes déjà engagés à maîtriser les éventuels impacts environnementaux, au-delà des obligations légales, assure Maxime Ross-Carre, responsable foncier et environnement chez GSM. Mais nous suivons les cours d’eau mensuellement depuis vingt-quatre ans, et cet aspect est maîtrisé. Pour la biodiversité, des études ont montré qu’ elle est certes différente des terrains alentour mais qu’elle est très riche. »

Selon lui, l’extension du site, qui extrait actuellement 300.000 tonnes de sable par an et emploie dix personnes, est aujourd’hui indispensable pour sa pérennité. « Nous répondons aux besoins locaux, qui s’expriment dans tout le sud de la Loire-Atlantique et le nord de la Vendée, poursuit Maxime Ross-Carre. Or, la carrière a une capacité limitée, nous arriverons au bout d’ici à quelques années. »

Face aux interrogations « légitimes », GSM assure que les contours du projet ne sont pas encore ficelés et que « la discussion est en cours avec tous les acteurs qui le souhaitent ». Les opposants, dont font partie la Confédération paysanne et plusieurs associations environnementales, y voient plutôt « une pression » des industriels qui tenteraient, selon eux, de contourner le schéma de cohérence territoriale (SCOT), texte qui assure la préservation de l’intégralité des zones agricoles pérennes qui y sont définies. La tête dans le sable annonce d’ailleurs qu’elle n’hésitera pas à combattre le projet sur le plan juridique. Mais elle « dément formellement » l’installation d’une ZAD à l’issue du rassemblement, alors qu’une opération de blocage du site est annoncée pour lundi.