Var : Après la mort tragique du maire de Signes, la traque aux dépôts sauvages est lancée

POLLUTION Plus de 140 points de dépôts sauvages ont été recensés deux ans après la mort du maire de Signes, renversé alors qu’il tentait de s’opposer à l’un d’entre eux.

Alexandre Vella

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Dépôts sauvages collectés à  Signes, dans le Var.
Dépôts sauvages collectés à  Signes, dans le Var. — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • Le Parc naturel de la Sainte-Beaume, et particulièrement le plateau de Signes, fait face à de nombreux dépôts sauvages de déchets.
  • Le 5 août 2019, Jean-Mathieu Michel, maire de Signes décédait, renversé par le conducteur d'un fourgon venu déposer illégalement des gravats sur un chemin privé de la commune.
  • Dans le cadre d’un plan de lutte contre ces dépôts sauvages, des pièges photographiques vont être déployés.

Il a fallu un drame pour attirer l’attention sur une problématique bien connue des habitants et des élus des 26 communes du Parc naturel régional de la Sainte-Beaume, dans le Var.

Deux ans après la mort de Jean-Mathieu Michel, le maire de Signes percuté par un le conducteur d’un fourgon alors qu’il tentait de s’opposer à un dépôt sauvage de déchets dans le massif forestier, élus et administration du Parc ont annoncé ce mardi le déploiement d’un plan de lutte contre ces derniers.

Des pièges photos

Le premier volet de cette lutte a été de recenser les différents points de dépôts dans ce massif de plus de 80.000 hectares. « A ce stade, près de 140 dépôts ont été répertoriés, avec géolocalisation et nature des déchets », explique Perrine Arfaux, chargée de mission et coordinatrice de ces opérations. Avec, hélas, encore beaucoup à découvrir. « Seuls les territoires de 12 des 26 communes ont été inventoriés », précise-t-elle.

Le plateau de Signes, où est décédé Jean-Mathieu Michel, en est un des points chauds. Facile d’accès avec la route départementale qui le traverse, le massif forestier est parsemé de chemins empruntables en voiture par lesquels il est possible de décharger en toute discrétion. Hervé Thébault, adjoint au maire du Beausset et délégué pour le Parc, voudrait bien les fermer à la circulation mais « environ 80 % des bois sont privés ». Forcément, cela complique les choses.

Alors est venue l’idée de déployer des pièges photographiques, du type de ceux utilisés pour l’étude des animaux sauvages. Une dizaine d’entre eux seront prochainement déployés. « Pour surprendre », espère Alexandre Noël, le directeur du Parc, et taper fort « avec des consignes très claires données à la gendarmerie du Var et au procureur de Draguignan ».

Amiante et palmiers

Au-delà du nombre et de l’étendue des dépôts, la nature des déchets déchargés pose problème. Parmi les pneus et les plastiques, on retrouve des fibres d’amiante et des palmiers. L’amiante, longtemps employé comme isolant nécessite un traitement spécifique et onéreux. Impossible de le déposer dans une décharge conventionnelle. De même que les palmiers, qui ornent de nombreuses villas de la région, mais qui sont appréciés des charançons, des insectes qui se nourrissent de son bois. De fait, artisans et particuliers ont la tentation de les évacuer dans la nature à moindres frais, ou plutôt à ceux de la collectivité et de l’environnement.

Pour ce programme, 60.000 euros ont été engagés, pour moitié apportée par la Région. Un coût, auquel il faut ajouter la mobilisation des agents des communes et de leurs moyens techniques. « Aujourd’hui, nous sommes entendus », s’est satisfait Hélène Verduyn, l’actuelle maire de Signes.