Nucléaire : « Il y a effectivement une fuite de gaz », dans un réacteur EPR en Chine, confirme Barbara Pompili

RISQUES Elle a précisé que cette fuite restait « sous les seuils de sûreté » établis par la Chine

M.F
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Barbara Pompili
Barbara Pompili — Jacques Witt/SIPA

Invitée sur France inter ce mardi matin, la ministre de l’Ecologie a été cuisinée sur la question du nucléaire. Barbara Pompili a notamment donné les dernières informations en date sur la situation d’un réacteur EPR d’une centrale nucléaire chinoise construite avec le groupe EDF, actuellement sous surveillance après une augmentation de « gaz rares ». « Nous avons reçu par EDF des informations sur ce qui se passe dans le réacteur de Taichan. Tout ça est géré par les autorités chinoises, mais ce que nous avons comme information, c’est qu’il y a effectivement une fuite de gaz dans le circuit primaire du réacteur numéro 1 ».

La ministre s’est voulue rassurante en précisant que cette fuite restait « sous les seuils de sûreté ». Sauf que ces fameux seuils de sécurité ont été réévalués par la Chine et sont trois fois plus élevés que ceux établis par la France. Là encore, Barbara Pompili a minimisé en précisant « qu’après Fukushima et Tchernobyl, on a des règles de sécurité qui ont été fortement augmentées partout dans le monde, et qu’aucun pays ne joue avec la sûreté des installations nucléaires ».

« L’avantage du nucléaire, c’est qu’il est décarboné »

Pour la ministre, cet incident doit inciter l’Etat à avoir une réflexion sur sa politique énergétique alors que le nucléaire représente actuellement plus de 70 % de l’électricité produite en France. « Évidemment, on en a maintenant et on en a encore pour des années », a tempéré la ministre qui veut que des « solutions concrètes » soient trouvées « et pas des grandes phrases ».

Pour autant, la solution miracle n’existe pas. « L’avantage du nucléaire, c’est qu’il est décarboné, il a d’autres inconvénients notamment sur les questions de sûreté ou des déchets à gérer. Les autres énergies, comme les énergies renouvelables, elles ont d’autres problèmes : leur intermittence ou les questions d’acceptabilité. »

Ne pas louper le coche de l’éolien offshore

Interrogée ensuite sur l’investissement français dans les filières d’énergies renouvelables, Barbara Pompili admet que la France a « raté le coche pendant trop d’années ». La ministre ne souhaite pas reproduire cette erreur notamment avec l’éolien offshore. « Il y a une usine au Havre, il va aussi y en avoir une à Brest. Il faut qu’on installe partout une filière, parce que j’en ai marre qu’on soit en retard sur ces énergies-là, qui selon l’agence internationale de l’énergie représenteront 90 % de la production d’électricité. On ne peut pas être à la traîne là-dessus », a-t-elle déclaré.

Concernant l’éolien également, elle est revenue sur le sentiment d’encerclement que peuvent avoir certains Français et récemment dénoncé par Stéphane Bern. « Je suis la première à reconnaître qu’il y a des endroits où ça ne s’est pas passé comme il aurait fallu. C’est pour ça que j’ai demandé aux préfets de faire une circulaire pour faire une cartographie des endroits où l’on peut mettre des éoliennes selon les territoires. Ensuite, les objectifs au niveau national seront déclinés selon les régions. » Actuellement, les éoliennes concernent 8 % de la production électrique de la France et le gouvernement prévoit de la faire passer à 15 %,