Bien-être animal : Le Parlement européen demande la suppression de l’élevage en cage d’ici 2027

AGRICULTURE Une requête pour interdire le gavage des canards et des oies pour la production de foie gras a également été formulée

20 Minutes avec AFP

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Des lapins orylag, élevés pour leurs fourrures, dans leurs cages dans un élevage industriel français en décembre 2017.
Des lapins orylag, élevés pour leurs fourrures, dans leurs cages dans un élevage industriel français en décembre 2017. — XAVIER LEOTY / AFP

Tout a démarré avec une initiative citoyenne européenne. Ce jeudi, les eurodéputés ont voté à 558 voix (37 voix contre, 85 abstentions) un texte demandant à la Commission européenne de faire des propositions pour mettre en œuvre la suppression progressive de l’élevage en cage des animaux d’ici 2027 dans l' UE.

« Il est nécessaire de parvenir à des aménagements voire à une interdiction de l’élevage en cage », a déclaré l’eurodéputé chrétien-démocrate allemand Norbert Lins, rapporteur du texte. Il a considéré « que 2027 pourrait représenter une date acceptable pour la disparition complète de l'élevage ​en cage ».

1,4 million de citoyens européens ont voté

Ce vote marque le début d’un éventuel processus législatif de plusieurs semaines ou mois qui donnera lieu à des négociations entre les différentes institutions européennes et les Etats membres. Une initiative citoyenne européenne demandant la fin de l’élevage en cage avait recueilli près de 1,4 million de signatures dans toute l’UE au moment de son enregistrement en septembre 2018.

Dès que la barre du million de signatures est atteinte, la Commission doit décider d’une action à entreprendre. Actuellement 78 initiatives sont enregistrées sur des sujets variés et six ont déjà réussi. « Cette initiative est la première valable concernant le bien-être animal », a estimé l’élue écologiste lettonne Tatjana Zdanoka. Une absence de réaction de la Commission européenne « viendrait saper la démocratie participative européenne », selon elle.

Une « approche espèce par espèce »

Présente dans l’hémicycle, la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a assuré que l’exécutif européen « s’engage en faveur du bien-être des animaux ». La Commission, a-t-elle assuré, « se penche » sur les demandes à la fois de fin de l’élevage en cage, mais aussi de soutien aux éleveurs devant modifier leurs élevages et de respect de normes semblables pour les produits importés. « Il s’agit d’une question éthique, sociale et économique. Nous devons écouter les voix de nos concitoyens et faire cette transition vers une approche plus durable dans les plus brefs délais », a-t-elle déclaré, sans toutefois s’avancer sur la nécessité d’une législation supplémentaire dans l’UE.

Selon le texte des eurodéputés, qui demande une « approche espèce par espèce », les lapins sont les animaux les plus couramment élevés en cage, dont 85 % sont rudimentaires, les empêchant d’avoir un comportement naturel. Environ la moitié des poules pondeuses de l’UE sont élevées dans des cages aménagées, tandis que la majorité des truies sont mises en cage à certains moments de leur vie. L’élevage en cage est déjà interdit dans l'agriculture biologique dans l'ensemble de l'UE.

Fini le foie gras ?

La résolution finale du Parlement européen inclut un amendement demandant également à la Commission de faire des propositions « visant à interdire le gavage cruel et inutile des canards et des oies pour la production de foie gras ».

Cet amendement, proposé par le groupe GUE (gauche radicale) et celui des Verts, a été adopté par 319 voix, tandis que 251 députés ont voté contre et 108 se sont abstenus. « Mettre fin au gavage, c’est condamner le secteur français du foie gras, un secteur vitrine des traditions de nos territoires », a critiqué l’eurodéputée française PPE (droite) Anne Sander.