Israël : L’interdiction du commerce de fourrure animale pour la mode agace les professionnels français

ANIMAUX Ils soutiennent que les accusations de maltraitance animale par le gouvernement israélien sont « totalement infondées »

20 Minutes avec AFP

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Les professionnels français de la fourrure jugent jeudi autoritaire et infondée l'interdiction prochaine en Israël du commerce de la fourrure pour la mode.
Les professionnels français de la fourrure jugent jeudi autoritaire et infondée l'interdiction prochaine en Israël du commerce de la fourrure pour la mode. — Viktor Drachev/SPUTNIK/SIPA

Si la décision ravie les associations de défense des animaux, elle est incomprise par les professionnels français de la fourrure. Ce mercredi, Israël est devenu le premier pays à  interdire par décret ministériel le commerce de fourrure pour l’habillement. Le ministère israélien de l’Environnement a précisé dans un communiqué que l’interdiction entrera en vigueur dans six mois et que l’import et export « seront interdits sauf pour les besoins de la recherche, de l’enseignement et de certaines traditions religieuses ».

Pour justifier cette décision, la ministre de l’Environnement, Gila Gamliel déclare dans le communiqué que « l’industrie du commerce de la fourrure provoque des souffrances inimaginables aux animaux et ce décret va transformer le marché de la mode israélienne le rendant meilleur sur le plan du respect des normes environnementales ».

« Des règles strictes en matière de bientraitance animale »

Des accusations « totalement infondées », dénonce dans un communiqué l’association La Fourrure française, qui regroupe la Fédération française des métiers de la fourrure et des éleveurs. « Les peaux utilisées dans les maisons françaises du luxe et de la mode travaillant avec notre filière proviennent d’Europe ou d’Amérique du Nord, où sont appliquées des règles strictes en matière de bientraitance animale », défend le porte-parole de la Fourrure française, Pierre-Philippe Frieh.

« Ce sujet est sur la table du gouvernement israélien depuis quelque temps, uniquement poussé par la ministre de l’Environnement qui est proche des organisations animalistes aux revendications desquelles elle s’associe publiquement », reproche Pierre-Philippe Frieh, évoquant une décision prise « dans la précipitation en pleine transition gouvernementale ».

Même interdiction à Sao Paulo et en Californie

Israël avait déjà interdit en 1976 l’élevage d’animaux pour leur fourrure. Plusieurs pays à travers le monde ont instauré des interdictions partielles de commerce de la fourrure, notamment pour des espèces particulièrement menacée, comme le phoque.

L’interdiction totale du commerce de fourrure n’est en vigueur que dans certaines villes, comme Sao Paulo au Brésil ou encore dans l’Etat de Californie. L’Inde a déjà passé une réglementation similaire à l’échelle du pays, mais seulement pour les peaux de vison, de renard et de chinchilla.