Ille-et-Vilaine : Ce couple sauve des chevaux de course de l’abattoir en les faisant adopter

PROTECTION ANIMALE Installés en Ille-et-Vilaine, Mathieu Wronka et Noémie Calloud ont monté l’association Trotteur For Ever pour placer des chevaux réformés dans des familles d’accueil

Jérôme Gicquel

— 

A la tête de l'association Trotteur For Ever, Noémie et Mathieu ont déjà permis à plus de 200 chevaux d'échapper à l'abattoir.
A la tête de l'association Trotteur For Ever, Noémie et Mathieu ont déjà permis à plus de 200 chevaux d'échapper à l'abattoir. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Installés en Bretagne, Noémie Calloud et son mari Mathieu Wronka ont créé il y a trois ans l’association Trotteur For Ever.
  • Ils placent dans des familles d’accueil des trotteurs réformés qui ne sont pas ou plus adaptés au monde des courses hippiques.
  • Le couple a déjà sauvé plus de 200 chevaux de l’abattoir.

« Les gens du Nord ont dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors ». Mathieu Wronka, Lensois pure souche, et Noémie Calloud, originaire de Bruxelles, sont l’exemple parfait de cette générosité chantée par Enrico Macias. Installé à Betton près de Rennes depuis plusieurs années, le couple la joue modeste. Mais quand leur vie familiale et professionnelle leur laisse un peu de temps, ils se transforment tous deux en sauveurs au grand cœur.

Fondée il y a bientôt trois ans, leur association Trotteur For Ever a ainsi permis à plus de 200 chevaux d’échapper à une triste fin. « Nous sommes une alternative à l’abattoir », indique Noémie, passionnée d’équitation depuis son plus jeune âge. Avec son mari, elle a fait des trotteurs réformés son cheval de bataille. « Ce sont de jeunes chevaux qui ne sont pas assez performants pour les courses ou alors des juments poulinières en fin de carrière », explique-t-elle.

Les chevaux rachetés aux écuries avant d’être adoptés

Et pour ces canassons pas ou plus adaptés au monde hippique, l’abattoir est bien souvent la destination finale. « Les entraîneurs doivent gérer plusieurs chevaux et ils ne peuvent pas tous les garder car cela coûte cher à entretenir », souligne Mathieu. Ne pouvant se résoudre à une telle issue, le couple a donc décidé d’agir en proposant ces chevaux à l’adoption. « On propose aux écuries de les racheter au même prix qu’à l’abattoir et on se charge ensuite de leur trouver une famille d’accueil », précise Noémie. Et les candidats ne manquent pas. « La liste d’attente est longue et on manque de chevaux », poursuit-elle.

Avant d'être adoptés, les chevaux profitent du calme du centre équestre Isa et Cie à Maure-de-Bretagne.
Avant d'être adoptés, les chevaux profitent du calme du centre équestre Isa et Cie à Maure-de-Bretagne. - J. Gicquel / 20 Minutes

Tous les week-ends ou presque, la famille sillonne donc les écuries du Grand Ouest pour aller récupérer des chevaux. Les bêtes sont ensuite hébergées au centre équestre Isa et Cie, implanté à Maure-de-Bretagne, qui fait office de QG pour l’association. Les bénévoles se chargent alors de requinquer les animaux qui profitent aussi de la quiétude des lieux. « Certains chevaux n’ont connu que le monde de la course et ne sont pas débourrés, souligne Noémie. Il y a donc tout un travail de confiance à établir avec le cheval. »

Un contrat d’adoption signé avec la famille d’accueil

Les animaux n’échappent pas non à plus à la traditionnelle séance photo. Les clichés sont ensuite postés sur les réseaux sociaux de l’association qui présentent ainsi les nouveaux venus aux futures familles d’accueil. « On se réserve le droit de la choisir », précise la cavalière, qui a fixé des règles dans le contrat d’adoption : « L’animal ne doit bien sûr pas finir à l’abattoir et ne doit pas rependre les courses. Et on demande aussi aux familles de donner régulièrement des nouvelles ».

Dans le bureau de l'association, des photos de chevaux sauvés ont été accrochées.
Dans le bureau de l'association, des photos de chevaux sauvés ont été accrochées. - J. Gicquel / 20 Minutes

Dans le petit bureau de l’association, une mosaïque de photos de chevaux tapisse ainsi les murs. « C’est notre fierté de voir que ces chevaux sont en pleine forme et ont trouvé une bonne famille d’accueil, assure Mathieu. Cela nous encourage en plus à continuer ».