Rennes : Nos déchets en plastique valent de l’or pour Veolia

RECYCLAGE Le groupe a développé une unité de tri dédiée sur son site de la Barre-Thomas

Jérôme Gicquel

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En service depuis fin 2019, l'unité de tri dédiée aux plastiques rigides du groupe Veolia monte progressivement en charge à Rennes.
En service depuis fin 2019, l'unité de tri dédiée aux plastiques rigides du groupe Veolia monte progressivement en charge à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La France a encore du retard sur le recyclage du plastique.
  • Une filière commence toutefois à se développer pour valoriser ces déchets.
  • A Rennes, le groupe Veolia a développé sur son site de la Barre-Thomas une unité de tri dédié aux plastiques rigides.

Le plastique n’est vraiment pas fantastique pour la planète. Notamment les plastiques rigides qui finissent bien souvent incinérés ou enfouis. Sur les quatre millions de tonnes de plastique utilisées chaque année en France, à peine un quart est ainsi recyclé. Avec du retard, les choses commencent toutefois à bouger au gré des réglementations avec une filière qui commence à se développer. A Rennes, dans la zone industrielle de la route de Lorient, le groupe Veolia s’est doté depuis fin 2019 d’une unité de tri dédiée aux plastiques rigides.

De nombreuses chaises et tables de jardin sont récupérées avant d'être broyés en petits morceaux.
De nombreuses chaises et tables de jardin sont récupérées avant d'être broyés en petits morceaux. - J. Gicquel / 20 Minutes

Son activité reste encore marginale au centre de recyclage, qui fait également office de déchetterie pour les professionnels du BTP et les artisans. « On a récupéré 800 tonnes de plastique l’an dernier sur les 100.000 tonnes de déchets qui sont traitées sur le site chaque année », souligne Christophe Loyeau, directeur du pôle service aux entreprises chez Veolia en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d’Armor. Mais le mouvement pour donner une seconde vie aux déchets plastiques s’accélère et l’unité espère bien atteindre le seuil des 2.500 tonnes annuelles assez vite.

Les déchets transformés en matières premières secondaires

Pour l’heure, elle récupère principalement les plastiques rigides en provenance des déchetteries de la métropole rennaise ainsi que ceux de professionnels comme les groupes Truffaut, Agromousquetaires ou Canon. Dans le vaste hangar où est implantée l’unité de tri, on découvre ainsi un enchevêtrement de cuves et de bidons vides, de tables et de chaises de jardin ou de pots de fleurs.

Tous ces déchets ont la particularité d’être en polyéthylène haute densité (PEHD) ou en polypropylène, les deux types de plastiques acceptés. « Contrairement à d’autres polymères, ce sont des matériaux qui ont une vraie valeur avec des débouchés pour les recycler », précise Nicolas Lagarde, responsable valorisation chez Veolia pour la Bretagne. Une fois réceptionnés, ces déchets plastiques vont être broyés sur le site avant d’être séparés par tri optique.

Les morceaux sont ensuite envoyés vers les quatre usines de régénération du groupe Veolia en France pour être transformés en granulés avant d’être valorisés. Ils en ressortiront sous la forme de matière première secondaire qui va être utilisée par des acteurs industriels, notamment pour la fabrication de pots de fleurs, de tuyaux ou de composants de piscine. Autant d’objets prêts à redémarrer leur vie de plastique.