L’Anses identifie 22 alternatives aux néonicotinoïdes pour les betteraves

ECOLOGIE Parmi ces alternatives, quatre pourraient constituer une solution à court terme

20 Minutes avec AFP

— 

Quelques betteraves touchées par la jaunisse dans une parcelle bio, près de Douai, dans le Nord.
Quelques betteraves touchées par la jaunisse dans une parcelle bio, près de Douai, dans le Nord. — G. Durand / 20 Minutes

L’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a identifié 22 alternatives à l’usage des insecticides néonicotinoïdes, très néfastes pour les abeilles, pour lutter contre la jaunisse des betteraves.

Dans une mise à jour de son avis de 2018 sur les alternatives aux néonicotinoïdes, rendue publique le 2 juin, « l’Anses a identifié 22 solutions pour lutter contre les pucerons et la maladie de la jaunisse dans les cultures de betteraves sucrières », selon un communiqué.

« Efficacités correctes mais insuffisantes en utilisation seule »

« Ces moyens de lutte pourraient prendre le relais des produits à base de néonicotinoïdes, interdits depuis 2018, mais dont l’utilisation a été réintroduite par dérogation en 2020 pour les traitements des semences de betteraves », rappelle l’Agence.

« Ces solutions alternatives qui présentent des efficacités correctes mais insuffisantes en utilisation seule, nécessiteront une approche de lutte intégrée pour atteindre une efficacité suffisante, voire une évolution des pratiques culturales », précise-t-elle.

L’Assemblée nationale a validé en octobre la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes, potentiellement jusqu’en 2023, pour sauver la filière betterave. Ce type de pesticides avait pourtant été interdit en 2018 à cause de leur toxicité pour les insectes pollinisateurs.

« Quatre solutions à court terme » identifiées

L’Anses dit avoir identifié « quatre solutions à court terme » : deux insecticides et deux pratiques à mettre en œuvre dans les parcelles cultivées, le paillage et la fertilisation organique. « En plus de ces solutions immédiatement utilisables, 18 autres moyens de lutte devraient être disponibles dans un délai de deux à trois ans », poursuit l’Anses.

« Nous nous sommes concentrés sur les deux espèces de pucerons principalement responsables de la transmission des virus de la jaunisse, le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le puceron noir de la fève (Aphis fabae) », explique Emmanuel Gachet, cité dans le communiqué.

« Tester des combinaisons de solutions »

Ces alternatives aux néonicotinoïdes « montrent des efficacités correctes mais insuffisantes, en utilisation seule, pour réduire les niveaux de dégâts à un seuil économique acceptable », il faudra donc poursuivre les recherches et « tester des combinaisons de solutions ».

« Parmi les solutions, on trouve des produits phytopharmaceutiques de synthèse et d’origine naturelle, des micro-organismes, des insectes prédateurs ou parasitoïdes des pucerons (les parasitoïdes pondent leurs œufs à l’intérieur des pucerons), des huiles végétales ou minérales, qui assurent une protection physique des betteraves, des méthodes de stimulation des défenses naturelles des plantes, la sélection de variétés de betteraves résistantes au virus de la jaunisse et enfin des méthodes culturales combinant la culture de la betterave avec d’autres plantes », précise l’Anses.