Hérault : Mini hôtel, espaces en friche... Cinq gestes simples pour protéger les abeilles sauvages

NATURE Selon une étude du CNRS et du département, il y a 571 espèces d'abeilles sauvages différentes dans l'Hérault. Un record en France

Nicolas Bonzom

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Une abeille (illustration)
Une abeille (illustration) — imageBROKER.com/SIPA
  • Selon une étude menée par le CNRS et le département, il y a 571 espèces d’abeilles sauvages différentes dans l’Hérault. C’est le record en France.
  • Il existe des gestes simples, pour protéger ces insectes essentiels pour la nature.
  • On peut, par exemple, laisser des espaces en friche dans les jardins, planter des plantes aromatiques sur son balcon. Et surtout éviter d’utiliser des produits chimiques.

L’Hérault est le département où le plus d’espèces d'abeilles sauvages ont été répertoriés en France : 571, selon une étude menée par le département et le CNRS. Tandis que le département a lancé une campagne pour les protéger,20 Minutes a demandé à Jérôme Mauraisin, animateur à la Maison de l’environnement, cinq gestes utiles pour préserver ces insectes dont l’action est primordiale pour la nature.

Planter des fleurs et des arbres

Mais attention, pas n’importe lesquels. « Les abeilles ont besoin d’essences de plantes, dont les fleurs fournissent suffisamment de pollen et de nectar, indique Jérôme Mauraisin. Et on peut, même, se faire plaisir à soi-même, pour ceux qui ont un petit bout de jardin, en plantant un arbre fruitier, comme un pommier, un prunier ou un abricotier, par exemple. » Les potirons, les potimarrons, les courgettes, aussi, elles adorent. Et pour ceux qui disposent plutôt d’une terrasse ou d’un balcon, les abeilles sont également particulièrement fans de toutes les plantes aromatiques, qui se sentent plutôt bien dans de petits pots. Et le lierre, fait également très bien le job, en automne.

Laisser des espaces en friche

Plutôt que de passer la tondeuse partout, laisser des espaces naturels en friche, sans y toucher ou presque, offre aux abeilles (et à tous ses copains insectes) un formidable espace de jeu. Autour du jardin, par exemple. Et « si on aime bien avoir son gazon bien taillé, on peut faire notamment l’effort de rehausser la grille de fauche de la tondeuse pour ne pas tailler en dessous de 8 cm, pour laisser une chance aux trèfles ou aux pissenlits, par exemple, de sortir », poursuit Jérôme Mauraisin.

Renoncer aux produits toxiques pour l’environnement

Les pesticides et les désherbants sont de redoutables ennemis pour la nature. Et donc, pour les abeilles. Leur déclin s’explique, d’abord, par l’usage intensif de produits chimiques. Il y a de petites astuces, pour les éviter. « Dans un jardin bien équilibré, avec un bon écosystème, on trouvera des larves de coccinelles, qui vont s’occuper des pucerons », par exemple, explique l’animateur de la Maison départementale de l’environnement. « La nature sait très bien faire, lorsqu’on lui donne sa chance. » 

L’autre astuce, c’est de ne planter que des fleurs ou des arbres adaptés au sol et au milieu. « Cela permettra d’éviter l’usage de produits à outrance, uniquement parce que l’on veut faire vivre une plante qui n’a aucune chance de s’épanouir ici. » On peut installer des nichoirs qui vont attirer les hirondelles et les mésanges, qui vont se délecter des chenilles et des moustiques. Ou planter des variétés résistantes.

Créer un mini hôtel

Un bon hôtel à insecte est constitué de petites planches de bois, avec des trous de différents diamètres, de 8 mm maximum. Les abeilles solitaires pourront « s’y mettre à l’abri », note Jérôme Mauraisin, y pondre des larves et se reproduire, mais aussi se protéger du gel extérieur, avant d’affronter le monde extérieur. Certaines enseignes en proposent, mais on peut, aussi, en fabriquer un assez facilement. « Cela peut être très ludique à faire en famille, avec les enfants, poursuit ce spécialiste de l’environnement. Sur Internet, il y a des tas de tutos qui permettent d’en créer un. » Ici,​ par exemple.

Préférer des miels respectueux des abeilles

C’est aussi une façon de protéger les abeilles : acheter des produits à des apiculteurs qui sont particulièrement soigneux avec l’espèce, qui n’utilisent pas de pesticides et qui respectent son rythme de vie. L’une des solutions peut être de choisir des miels locaux, « d’abord, bien sûr, pour le bilan carbone du produit, confie Jérôme Mauraisin. Mais aussi parce que l’on peut assez facilement aller voir l’apiculteur, regarder comment il travaille. » Les appellations d’origines contrôlées sur les produits peuvent, également, aiguiller le consommateur. Histoire d’éviter à tout prix les miels de mélange, produits, bien souvent, de façon intensive. Et ça, ce n’est pas bon pour les abeilles.