Paca : Comment les acteurs du tourisme veulent éviter que l’été vire à l’enfer

TOURISME A quelques mois des vacances scolaires d’été, la région Paca et les parcs nationaux développent des solutions pour lutter contre la surfréquentation touristique

Mathilde Ceilles

— 

Des touristes sur une plage marseillaise durant l'été 2020
Des touristes sur une plage marseillaise durant l'été 2020 — AFP
  • A l’aube de la saison touristique, les acteurs du tourisme en Paca cherchent à lutter contre la surfréquentation.
  • Pour cela, une promotion de sites moins connus, par le biais des réseaux sociaux ou même de Waze, va être réalisée.

Quel été attend les Provençaux ? Après un été 2020 marqué par des problématiques de surfréquentation touristique, parcs nationaux et élus de Paca cherchent coûte que coûte à limiter l’impact environnemental d’une telle pression touristique… sans pour autant se priver de cette manne financière qui constitue environ 15 % du PIB. Aussi, pour cette nouvelle saison estivale​, les acteurs locaux du tourisme ont planché sur de nouvelles solutions dans un seul et même but : promouvoir d’autres sites moins connus pour désengorger les sites les plus célèbres. Tour d’horizon.

Instagram est ton ami

En 2019, quelques photos bleu lagon des sources de l’Huveaune postées sur Facebook avaient provoqué un afflux de touristes dans le petit village varois de Nans-les-Pins, au point d’inquiéter la maire de l’époque. Mais au parc national des Ecrins, à cheval entre l’Isère et les Hautes-Alpes, on veut croire que les réseaux sociaux peuvent aider à lutter contre la surfréquentation.

« Nous avons préparé pour cet été des posts Instagram pour faire connaître des sites qui ne le sont pas forcément et ainsi proposer des alternatives en pleine saison estivale », détaille Pierrick Navizet, chef du service accueil et communication du parc national des Ecrins.

Et de préciser : « Nous avons également recensé près de 200 randonnées pour permettre de proposer des parcours alternatifs, et la consigne a été donnée aux hôtes et hôtesses des points information du parc d’orienter les visiteurs vers ces points-là, en fonction de leur niveau, quand on connaît des pics. » Une démarche qu’a également enclenchée la région Paca depuis quelques semaines. « Nous avons construit une centaine d’idées de circuits nouveaux, regroupées sur le site de la région dans deux à trois semaines », promet Loïc Chovelon, directeur général du comité régional du tourisme en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Un partenariat étendu avec Waze

En parallèle, la région Paca a décidé d’étendre son partenariat avec la célèbre application Waze, après une première expérimentation jugée concluante sur quatre sites dans le Verdon et le Luberon. En effet, entre le 5 juin et le 31 juillet 2020, les utilisateurs de l’application ont été informés dans l’espace dédié à la publicité de la forte fréquentation ponctuelle du site recherché partenaire. Dans la majorité des cas, après contribution financière réalisée par les différents responsables touristiques locaux, Waze propose d’autres solutions de stationnement à proximité du site recherché, face à un parking saturé.

« 325.000 conducteurs ont été touchés par le dispositif mis en place autour des quatre scénarios d’expérimentation, et plus de 28.000 navigations vers les solutions alternatives proposées ont été "provoquées" à la suite de l’exposition aux messages », se réjouit la région dans un communiqué de presse. Un dispositif étendu au parc naturel régional des Préalpes d’Azur le 1er juin, puis durant l’été à neuf des 14 autres parcs naturels que comprend la région.

… Mais pas de démarketing

C’est l’une des stratégies développées par le parc national des Calanques qui, pour lutter contre une affluence grandissante, à décider de bannir les images cartes postales de sa communication​. Une démarche qui n’est pas celle de la région, qui veille à ne pas « faire culpabiliser » les touristes, selon les termes de Loïc Chovelon. « C’est Marseille, lance le président LR de la région Paca Renaud Muselier. Ils ont pris une logique différente. Je ne vais pas aller à l’encontre du maire de Marseille. Je ne suis pas là pour lui nuire. Je protège l’environnement. Il essaie de prendre une option. On verra l’utilité de cette option ».

Pour rappel, craignant « une très forte fréquentation (…) voire une situation de surfréquentation » touristique à Marseille cet été, l’adjoint au maire de Marseille en charge du tourisme avait appelé en avril à réduire la promotion de la ville, affichant son « désaccord profond » avec l’Office du tourisme de la métropole.