Toulouse : Le dernier confinement a eu trois fois moins d’impact sur la pollution de l’air que le premier

BOL D'AIR Selon l’Observatoire de la qualité de l’air en Occitanie, le dernier confinement a permis une baisse de 31 % des niveaux de pollution dus au trafic routier, alors qu’elle était de 60 % lors du premier confinement

Béatrice Colin

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Une station de detection et d'analyse des polluants de l'Observatoire régional de la qualité de l'air, ici à Toulouse.
Une station de detection et d'analyse des polluants de l'Observatoire régional de la qualité de l'air, ici à Toulouse. — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • Avec la baisse des activités industrielles et de la circulation automobile, les confinements successifs ont eu un impact positif sur la qualité de l’air.
  • Le dernier confinement, moins restrictif, a entraîné une baisse des émissions de dioxyde d’azote trois fois moins importante à Toulouse que lors du premier confinement selon Atmo Occitanie.
  • Le bénéfice pour la qualité de l’air s’est plus ressenti durant les week-ends, quand les déplacements touristiques et entre départements étaient interdits.

Le confinement fait du bien à la planète, et à nos poumons. Les responsables des observatoires de la qualité de l’air ont pu démontrer au cours de l’année écoulée que si la crise sanitaire avait eu au moins un effet bénéfique, c’était pour son impact sur la circulation automobile et, par effet domino, sur les émissions de polluants. Mais tout dépend du type de confinement.

En mars 2020, la baisse des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) le long des axes routiers de Toulouse avait été de 61 % par rapport aux concentrations habituelles, et de 57 % en pollution de fond selon Atmo Occitanie. Mais lors de ce troisième confinement, entre le 5 avril et le 2 mai, l’Observatoire a pu noter que cette baisse était de 27 % près des grands axes de circulation de la Ville rose et seulement de 20 % en pollution de fond, soit un impact trois fois moins important que sur la même période en 2020, lors du premier confinement.

« C’est sur Toulouse que l’écart entre les niveaux 2021 et la situation « normale » est le plus faible en comparaison avec Montpellier et Nîmes. Cela est principalement lié à la composition du tissu économique sur le territoire et notamment à la présence d’un bassin industriel plus important à Toulouse, dont les activités ont continué à fonctionner en 2021 », explique Atmo Occitanie.

A l’ouest de la région, l’activité économique est en effet beaucoup liée au tourisme. A défaut de pouvoir circuler entre les départements durant cette période, les flux de voitures, et de leurs occupants venus se dorer la pilule au soleil, ont chuté sur les axes routiers. Un phénomène que l’on retrouve aussi durant les week-ends.

Moins de pollution le week-end

Au niveau de la région, au cours de ces semaines confinées à cheval sur avril et mai, en moyenne les concentrations en NO2 baissaient de 31 % à proximité du trafic routier comparé à l’année 2019. Mais durant le week-end, ce chiffre atteignait les – 40 %.

Une baisse de la pollution qui a depuis les premières mesures de déconfinement dû s’atténuer grandement. Lors de la reprise d’activité en mai 2020, les niveaux de polluants étaient rapidement remontés. Et vu les bouchons enregistrés au cours des derniers week-ends sur les grands axes routiers, on a dû aussi cette fois-ci rattraper les niveaux de 2019.