Bretagne : Menacée de disparition, la mythique huître plate pourrait être sauvée

NATURE Les travaux des scientifiques de l’Ifremer montrent que l’espèce pourrait perdurer, « si des mesures de conservation et de restauration sont mises en place »

Camille Allain

— 

En Bretagne, des scientifiques de l'Ifremer ont observé l'évolution des colonies d'huîtres plates sauvages, menacées de disparition.
En Bretagne, des scientifiques de l'Ifremer ont observé l'évolution des colonies d'huîtres plates sauvages, menacées de disparition. — S. Pouvreau/Ifremer

Tout n’est pas perdu. Victime du saccage de son milieu aquatique et de la surpêche, l’huître plate sauvage est clairement menacée de disparition. Elle qui a été si abondante par le passé a été victime comme d’autres des ravages de l’activité humaine. l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) vient pourtant de livrer des conclusions optimistes quant à la survie de cette espèce. Cette dernière pourrait perdurer « si des mesures de conservation et de restauration sont mises en place », précise l’Ifremer.

On l’a longtemps considérée comme une ressource inépuisable, avant de la mettre en danger. Aujourd’hui classée comme espèce menacée​, l’huître plate pourrait survivre grâce aux travaux des scientifiques, aidés des professionnels de la conchyliculture. Engagées au large des côtes de Bretagne depuis 2018, des recherches ont montré que l’introduction de récifs artificiels adaptés à l’espèce pouvait aider à la constitution de colonies. En juin 2019, trois blocs ont été mis à l’eau dans la rade de Brest (Finistère) et en baie de Quiberon (Morbihan). Verdict ? « Des résultats positifs de recolonisation ».

Au large de Brest et Quiberon, des structures ont été posées au fond de la mer pour aider les colonies d'huîtres plates sauvages, menacées de disparition.
Au large de Brest et Quiberon, des structures ont été posées au fond de la mer pour aider les colonies d'huîtres plates sauvages, menacées de disparition. - S. Pouvreau/Ifremer

« Nos essais pilote nous incitent à favoriser une structure tridimensionnelle neutre écologiquement (style coquilles d’huître ou béton calcaire) destinée à favoriser l’implantation des premiers individus. Les solutions testées fonctionnent mais doivent encore être améliorées avec l’idée d’un « squelette » minéral favorable à l’espèce mais défavorable aux prédateurs, tout en restant compatible avec les exigences environnementales des milieux côtiers », explique Stéphane Pouvreau, coordinateur scientifique de ce projet baptisé Forever (Flat Oyster RecoVERy ou sauvetage de l’huître plate).

La pêche et l’agriculture également en cause

Des installations qui ne suffiront pas à sauver l’espèce si d’autres mesures de protection ne sont pas prises. Au-delà du manque de supports, de nombreux facteurs entravant leur développement ont été mis en évidence : les prédateurs, les parasites mais aussi la pression de la pêche et l’augmentation de la sédimentation depuis le continent, engendrée par la mécanisation de l’agriculture et l’artificialisation des sols.

À terme, l’huître plate pourrait aussi faire son retour sur d’autres côtes françaises comme en Nouvelle-Aquitaine mais aussi en Méditerranée, dans la lagune de Thau​, en concertation des travaux déjà en cours en Corse.