Pyrénées-Orientales : Le parc Ecozonia ouvre ses portes, quatre mois après l'évasion de loups

ANIMAUX Une expertise a été menée, et le site a obtenu toutes les autorisation pour ouvrir

Nicolas Bonzom

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Des loups (illustration)
Des loups (illustration) — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • Le parc dédié aux grands prédateurs, Ecozonia, ouvre ce mercredi, à Cases-de-Pène.
  • Le 25 janvier, quatre loups, hébergés dans ce parc, se sont échappés de leur enclos et ont filé dans la nature. Trois sont morts, un quatrième n’a jamais été retrouvé.
  • Après une expertise diligentée par la préfecture, le parc a eu toutes les autorisations pour ouvrir. Si les clôtures, selon l’audit, ne seraient pas en cause dans l’incident, Ecozonia a indiqué toutefois en avoir renforcé « l’intégralité (…) Ce dispositif nous permet d’avoir un niveau de sécurité largement supérieur aux standards ».

Ecozonia, un parc dédié aux grands prédateurs, ouvre ce mercredi, à Cases-de-Pène, dans les Pyrénées-Orientales. Le site héberge, notamment, des panthères, des tigres, un lynx, des chouettes et des faucons. Et pour compléter cette ménagerie unique en Europe, des ours et des loups devraient bientôt débarquer.

« Ce sont de vastes enclos, confie Cyril Vaccaro, son fondateur. Celui des tigres fait 4.000 m2 ». Et les animaux « ont la possibilité de se cacher, des autres individus comme du public ». Pour les visiteurs avides de sensations, le parc propose même de passer la nuit dans des bungalows vitrés, avec une vue imprenable sur les prédateurs.

Quatre loups se sont échappés en janvier

Mais pour Cyril Vaccaro, les derniers mois ont été éprouvants. Le 25 janvier, quatre loups, hébergés à Ecozonia, se sont échappés de leur enclos et ont filé dans la nature. La veille, six de ces animaux, en provenance d’un zoo de Lettonie, avaient été accueillis par la structure. Après de vastes recherches, deux ont été abattus par les forces de l’ordre, un troisième a été découvert mort par balle. Le dernier n’a jamais été retrouvé.

Une expertise, diligentée par la préfecture, a permis d’éclaircir les potentielles causes de l’incident. Notamment le fait qu’un loup, le premier qui a été abattu, n’avait pas peur des humains. Ce que le parc ne savait pas, déploraient le 1er mars les services d’Ecozonia, qui pointaient aussi les conditions dans lesquelles les animaux auraient voyagé.

« Il faut aller de l’avant »

Ainsi, le 25 janvier, à l’arrivée des soigneurs, l’un d’eux s’est montré agressif et s’est attaqué à la clôture électrique, dont le fil conducteur a fini par lâcher, « sous la pression répétée des morsures ». L’animal s’est acharné, ensuite, sur le grillage, malgré « les tentatives de repoussement des personnels », avant de s’engouffrer dans une ouverture, suivi par trois ses congénères. « C’est un événement tellement majeur qu’on s’en souviendra tout le temps, reprend Cyril Vaccaro. La date du 25 janvier 2021 restera marquée à vie. On ne peut pas l’occulter, mais maintenant, il faut aller de l’avant. »

L’expertise « a permis de constater que les préconisations (…) pour garantir la sécurité des enclos avaient bien été mises en œuvre. La mise en demeure adressée à l’exploitant est donc levée », indiquait la préfecture, le 3 mai. Aujourd’hui, « c’est terminé, on a toutes les autorisations », note Cyril Vaccaro. L’audit indique que « la conception de l’enclos », présent dans de nombreux zoos, n’a jamais posé problème, et que « les dimensionnements du grillage, le diamètre de son fil et sa qualité ne sont pas en cause ». Le parc a confié toutefois avoir renforcé « l’intégralité des clôtures (…) Ce dispositif permet d’avoir un niveau de sécurité largement supérieur aux standards ».

« Une nouvelle taule pour espèces protégées »

Peut-on craindre, malgré tout, que le public ait la frousse, après cette mésaventure, qui a fait la Une des journaux du coin ? « Peut-être pour certaines personnes, pour d’autres non, reprend le directeur. Depuis samedi, on a ouvert aux eco-lodgeurs [les personnes qui dorment au parc] et ça se passe très bien. On a de super retours, ils sont ravis. »

Les défenseurs des animaux le sont moins. En janvier, après la fuite des loups, Robin des bois comparait Ecozonia à une « nouvelle taule pour espèces protégées ». Sébastien Giraud, membre de l’association pour la protection des animaux sauvages, de son côté, est « contre la captivité des animaux, les grands prédateurs doivent être dans la nature ». Toutefois, poursuit cet expert des loups, « je suis pour la sensibilisation du monde animal auprès du grand public, notamment des enfants. Et il faut que l’on étudie ces grands animaux, même si les bonnes études se font plutôt en milieu naturel. »

Mais le parc Ecozonia a, aussi, un volet « conservation ». « Nous sommes axés là-dessus », insiste Cyril Vaccaro, dont le parc participe à des « programmes d’élevage, de recherche, de réintroduction des espèces et de sensibilisation au public. Et nous aidons directement des associations qui travaillent sur le terrain. Les animaux sont en déclin. Bien sûr, il faut les conserver, dans leur milieu naturel. Mais il faut aussi des programmes d’élevage, en captivité, pour pouvoir faire du renforcement de la population en milieu naturel ou même de la réintroduction, si cela s’avère nécessaire. »