Pyrénées : Trop vorace, l’ours Goiat va être capturé le temps de lui (re)mettre un collier GPS

A LA TRACE Impliqué dans trois attaques de troupeaux ce printemps, « l’ours à problème » Goiat va être capturé pour le doter d’un GPS, qui permettra de savoir où il rôde et de prévenir les bergers

Hélène Ménal

— 

Goiat, un gros ours mâle, filmé de nuit dans les Pyrénées.
Goiat, un gros ours mâle, filmé de nuit dans les Pyrénées. — Généralité du Val d'Aran
  • L’ours Goiat a été identifié comme étant l’auteur de trois attaques de troupeaux dans la vallée du Louron en l’espace d’une semaine.
  • Le préfet des Hautes-Pyrénées vient d’autoriser la capture de cet « ours à problème » âgé de 15 ans.
  • Le but de cette capture, la deuxième pour Goiat, est de lui replacer un collier GPS pour pouvoir le suivre à la trace.

Les bergers ont eu du flair. Les attaques successives survenues récemment dans la vallée du Louron portaient bien, comme ils le soupçonnaient, la marque de Goiat. La préfecture des Hautes-Pyrénées confirme ce mercredi que cet ours mâle de 15 ans, introduit en 2016 sur le versant espagnol des Pyrénées, a bien été identifié comme étant l’auteur des trois prédations commises, notamment dans une bergerie, entre le 20 et le 27 avril. Ces raids ont coûté la vie à deux brebis, un agneau et un bélier.

Goiat a été trahi par son ADN et son tableau de chasse printanier va lui valoir un nouveau placement sous collier électronique et une balade en fourgon. C’est ce que le préfet des Hautes-Pyrénées, Rodrigue Furcy, appelle la « phase 3 du protocole ours à problème ». La phase 2 avait été déclenchée il y a deux semaines et autorisait les agents de l’Office national de la Biodiversité (OFB) à tirer des balles en plastique dans l’arrière-train de l’ours, alors anonyme, pour l’effaroucher.

Il a probablement passé la frontière

Cette nouvelle étape autorise désormais la capture de Goiat. Le temps de le rééquiper d’un traceur GPS, lequel permettra de suivre ses maraudes et de prévenir les éleveurs en amont. Du moins, quand on le retrouvera. Car il n’a finalement pas pu être effarouché depuis le 28 avril et tout porte à croire, nouvelles brebis mortes à l’appui, qu’il a « probablement quitté le territoire national » pour basculer en Espagne.

La voracité de Goiat n’a cessé depuis son arrivée de lui attirer les foudres des bergers sur les deux versants du massif. Après avoir perdu son premier collier GPS, il avait été recapturé en 2018. Son deuxième traceur a cessé d’émettre à l’automne 2020.