Lyon : Circulation alternée, confinement, télétravail… Comment lutter durablement contre la pollution à l’ozone ?

POLLUTION Si les concentrations de particules fines ont baissé ces dix dernières à Lyon et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, la pollution à l’ozone est en revanche sur une courbe ascendante. Ce qui inquiète les observateurs

Caroline Girardon

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Lyon et son nuage de pollution. (archives)
Lyon et son nuage de pollution. (archives) — KONRAD K./SIPA
  • Selon Atmo, observatoire chargé de surveiller la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes, la pollution à l’ozone augmente progressivement depuis dix ans.
  • Amplifiée par les épisodes de canicule, elle contribue à son tour à accentuer le réchauffement climatique.
  • « Il semble important d’agir sur le trafic routier et l’activité économique si l’on veut parvenir à la réduire », indiquent les observateurs.

Les chiffres, enregistrés au cours de l’année 2020, sont un peu l’arbre qui cache la forêt. Confrontée à un épisode strict de confinement durant deux mois, la région Auvergne Rhône-Alpes a pu respirer. Tous les indicateurs permettant d’évaluer la pollution de l’air sont en baisse par rapport aux années précédentes. Y compris l’ozone.

Aujourd’hui, ce polluant « sournois et insidieux » inquiète pourtant les observateurs car il est le seul depuis dix ans à rester sur une courbe ascendante, exception faite de l’année 2020. Les concentrations de particules fines, très présentes lors des pics de pollution, ont régulièrement chuté, mais pas l’ozone. La situation est la même partout : en ville, dans les campagnes ou les territoires d’altitude. Et les perspectives d’évolution le concernant dans les prochaines années « sont défavorables ».

« Les actions à court terme ne sont efficaces que si on agit très fortement »

« Plus les étés seront chauds, plus on aura une concentration d’ozone importante », prédit Didier Chapuis, directeur territorial d’Atmo, observatoire chargé de mesurer la qualité de l’air dans la région. L’ozone résulte en effet des transformations chimiques sous l’action des rayons solaires. Mais il contribue également à accentuer à hauteur de 10 % le réchauffement de la planète. Un cercle vicieux.

« Si l’on veut réduire la concentration d’ozone dans l’atmosphère, il faut parvenir à réduire d’abord les polluants précurseurs (oxyde d’azote et composés organiques volatils) », prévient Yannick Mathieu, directeur régional adjoint à la Dreal. Quelles solutions alors ? « Il semble important d’agir sur le trafic routier, l’activité économique, l’utilisation de solvants dans les produits du quotidien ou l’utilisation des chauffages à bois », estime Didier Chapuis, prudent sur les actions à court terme. « Elles ne sont efficaces que si on agit très fortement », répond-il.

Les limites de la circulation alternée

Le confinement s’est avéré bénéfique mais il est évident qu’il ne peut être retenu comme une piste pour le long terme. La circulation alternée ? Elle n’a pas réellement fait ses preuves. « Il faudrait une baisse des dioxydes d’azote de l’ordre d’au moins 80 %, et donc une réduction drastique du trafic routier pour être efficace », indique encore Didier Chapuis. Ce qui semble difficilement applicable.

« Si l’on travaille uniquement sur la circulation alternée, ce n’est pas efficace, abonde Marie-Blanche Personnaz, directrice d’Atmo Aura. L’idéal est d’anticiper, agir avant les vagues de chaleur et à grande échelle. Le télétravail est effectivement un levier intéressant. » « On rêve tous d’un télétravail généralisé lors des pics de pollution », conclut Yannick Matthieu.

Un plan régional ozone, porté par l’Etat, est d’ailleurs en cours de finalisation. Il doit proposer des actions d’information et de sensibilisation mais aussi la mise en place de leviers opérationnels dans les territoires.