Dunkerque : Pas de référendum local pour l’installation d’un parc éolien offshore

ENERGIES La ministre de la Transition écologique a écarté  ce lundi cette demande de plusieurs partis politiques

Mikaël Libert

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Une éolienne (illustration)
Une éolienne (illustration) — F.Scheiber / 20 Minutes
  • Un gigantesque parc d’éoliennes doit être construit au large de Dunkerque à l’horizon 2027.
  • Des partis politiques locaux, opposants au projet, ont demandé un référendum local.
  • La ministre de la Transition écologique a refusé et confirmé la poursuite du projet.

Ils se sont pris un vent. Ce lundi, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, était en visite à Dunkerque pour une visite sur le thème de l’éolien en mer. C’est en effet au large de cette ville portuaire du Nord que doit être implanté un gigantesque parc d’éoliennes. Un projet contre lequel plusieurs partis politiques de la communauté urbaine se sont élevés en réclamant, notamment, un référendum local. Il n’y en aura pas.

La veille de la visite de la ministre, les représentants locaux des partis La France Insoumise (LFI), Le Modem, Le Mouvement des Citoyens (MdC), Le Nouveau centre (NC), Les Républicains (LR) et L’Union des Centristes et des Ecologistes (UCE) ont réitéré avec insistance leur demande d’organiser un référendum local à propos du projet de parc éolien offshore. « Les enjeux sont tels que rien ne peut se bâtir sans l’accord et la participation pleine et entière des Français. Serions-nous des citoyens de seconde zone sur le littoral dunkerquois ? », s’interrogent-ils dans un communiqué commun.

Un projet loin de faire l’unanimité

Entre autres arguments contre ce projet, les opposants avancent sa construction dans une « Zone Natura 2000 », la « destruction du paysage » avec une « atteinte à la biodiversité », sans compter les « coûts exorbitants ». Et, outre ce projet en particulier, il semble que l’éolien n’est plus le bienvenu dans les Hauts-de-France. Plusieurs candidats aux élections régionales ont déjà exprimé leur ras-le-bol de voir pousser des forêts de colosses ailés dans les campagnes, à commencer par le président de région sortant, Xavier Bertrand.

Un autre point de blocage avancé par les opposants concerne nos voisins belges. Le parc doit être implanté à la limite des leurs eaux territoriales et cela ne les réjouit pas vraiment, notamment en raison de l’impact visuel. Selon l’AFP, le bourgmestre de la commune belge touristique de La Panne, près de la frontière française, a promis, de s’opposer « par tous les moyens au permis de construire ». A l’inverse, dès 2013, les habitants de la commune française d’Halluin avaient commencé à se plaindre des nuisances provoquées par des éoliennes belges installées juste de l’autre côté de la frontière, à Menin. Des plaintes restées sans suite.

« Je suis déterminée »

Pour autant, Barbara Pompili n’a pas l’intention de freiner le développement de ce mode de production d’énergie. « Nous sommes prêts à confirmer notre ambition pour ce qui deviendra bientôt le 7e parc éolien en mer de notre pays », a-t-elle déclaré ce lundi matin à Dunkerque. « Je suis déterminée à ce que nous accélérions enfin le déploiement de cette technologie d’avenir », a ajouté la ministre.

Pour elle, l’obligatoire débat public en amont de ce projet est suffisant. « On ne va pas commencer à demander un référendum à chaque fois qu’on a un projet qui est en cours d’achèvement », a tranché Barbara Pompili dans des propos recueillis par l’AFP.

Le futur parc éolien, implanté sur 50 km² à 10 km des côtes, sera construit par le groupement EDF renouvelables, Innogy et Enbridge. A l’horizon 2027, il comportera 46 éoliennes, de 225 à 300 mètres de haut, pour 600 MW de capacité. Ce parc pourra alimenter l’équivalent d’un million de foyers selon le ministère.