Midi-Pyrénées : Et si on replongeait les vers luisants dans l’obscurité ?

PETITE BETE Discrets ces dernières années, les vers luisants sont victimes de différentes nuisances humaines, notamment la pollution lumineuse

Béatrice Colin
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Une femelle lampyris noctiluca plus connu sous son appellation de ver luisant.
Une femelle lampyris noctiluca plus connu sous son appellation de ver luisant. — ARDEA/MARY EVANS/SIPA
  • Victimes des nuisances humaines, il est de plus en plus rare de voir des vers luisants.
  • France Nature Environnement Midi-Pyrénées vient de lancer un appel au grand public, afin qu’il participe à un recensement de ces coléoptères, dont la femelle s’illumine dans l’obscurité pour attirer le mâle.
  • Une opération de science participative, lancée en partenariat avec L’observatoire des vers luisants et lucioles, qui pointe depuis plusieurs années l’impact de la pollution lumineuse sur la reproduction de ces petites bêtes.

Pour les Celtes, ils représentaient l’âme et l’esprit d’un individu. Entourés depuis des siècles de magies et mystères, les vers luisants illuminaient il y a encore peu les jardins et campagnes de leur lumière. Mais ces dernières décennies, il est de plus en plus rare de les repérer dans la nuit à cette période de l’année, alors qu’ils sont en pleine parade amoureuse.

Les Lampyris noctiluca, qui n’ont de ver que le nom, sont victimes de diverses nuisances humaines, que ce soit l’artificialisation des sols, les produits phytosanitaires ou encore la pollution lumineuse. Pour connaître l'impact des réverbères et autres sources de lumières artificielles sur les coléoptères, France Nature Environnement Midi-Pyrénées à décider de faire appel aux habitants de la région pour établir un recensement lorsqu’ils en observent à côté de chez eux. Et chaque explorateur peut amener sa contribuation en répondant à un questionnaire dès qu’il repère une lumière verte en pleine nuit.

« En période de reproduction, la femelle émet de la lumière, c’est la bioluminescence, pour que le mâle puisse la distinguer dans l’obscurité, mais quand il y a un éclairage au-dessus des espaces naturels cela perturbe cette communication et gène la reproduction », explique Elliot Shaw, chargé de cette opération de science participative au sein de FNE. Elle a été lancée en collaboration avec l'Observatoire des vers luisants et des lucioles, qui mène depuis plusieurs années ce programme de sensibilisation au niveau national.

Les études confirment l'impact négatif

Et au fil des études, le rôle négatif joué par l’éclairage public et privé ne cesse de se confirmer. « Tous les traitements à la lumière artificielle ont supprimé de manière significative l’activité de parade nuptiale », indique ainsi l’une des dernières en date, publiée en mars dernier par des biologistes américains.

Heureusement, la femelle a d’autres atouts, comme l’émission de phéromones pour que son partenaire puisse quand même la trouver. Mais la pollution lumineuse, tout comme les pesticides anti-limaces répandues dans les jardins et qui empoisonnent leurs larves, perturbe le cycle naturel de ces petites bêtes. « Notre objectif est de voir si on éteint la zone concernée, et on laisse plus de place à l’obscurité, est-ce que le ver luisant va regagner du terrain », pose Elliot Shaw, spécialiste des questions sur la pollution lumineuse chez FNE Midi-Pyrénées qui a établi un mini-guide pour que les explorateurs des herbes hautes en apprennent un peu plus sur le Lampyre.