Gironde : Le centre de soins de la LPO veut sa propre salle de chirurgie pour moins stresser les animaux

APPEL AUX DONS Le centre de soins, basé à Audenge, recueille plus de 4.000 animaux par an, dont un tiers pour cause de traumatisme nécessitant des examens approfondis et des interventions chirurgicales

Mickaël Bosredon

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Le centre de soins pour animaux de la LPO d'Audenge (Gironde) recueille plus de 4.000 animaux par an, comme ce renardeau, le 16 avril 2021.
Le centre de soins pour animaux de la LPO d'Audenge (Gironde) recueille plus de 4.000 animaux par an, comme ce renardeau, le 16 avril 2021. — LPO Aquitaine
  • Implanté depuis vingt ans à Audenge (Gironde), le centre de soins pour animaux de la LPO couvre l’ensemble de la Gironde, mais aussi la Dordogne et le Lot-et-Garonne.
  • Il recueille plus de 4.000 animaux par an, dont environ 70 % d’oiseaux, mais aussi des mammifères et des reptiles.
  • S’il est en mesure de prodiguer l’ensemble des soins pour remettre sur pied ces animaux, il ne dispose pas de salle de chirurgie pour les traumatismes nécessitant des opérations.

Bandages, compresses, médicaments… Le centre de soins pour animaux de la LPO, à Audenge (Gironde), est parfaitement équipé pour soigner les animaux sauvages qu’il recueille chaque année. Mais il souhaite franchir un nouveau palier, et s’équiper de sa propre salle de chirurgie, d’ici au mois de septembre.

Pour récolter les 35.000 euros nécessaires, le centre de soins vient de lancer un appel aux dons, sur HelloAsso. « On a eu la chance de pouvoir recruter une vétérinaire en février capable d’opérer sur place, mais il nous manque désormais ce matériel, explique Noriane Rhouy, la responsable du centre d’Audenge. Pour le moment, nous sommes dépendants des cliniques vétérinaires qui veulent bien réaliser des actes gracieux pour le centre de soins, mais elles sont quand même à une demi-heure de route. Cela génère du stress pour l’animal, en raison de son transport jusqu’à la clinique et des contacts qu’il peut avoir avec des animaux domestiques sur place… Notre but est donc de pouvoir opérer directement sur place. »

L'accueil du centre de soins pour animaux de la LPO à Audenge (Gironde)
L'accueil du centre de soins pour animaux de la LPO à Audenge (Gironde) - Mickaël Bosredon/20 Minutes

Table de lavage pour les oiseaux mazoutés

Le centre de soins de la LPO Aquitaine, recueille plus de 4.000 animaux par an, avec une proportion de 71 % d’oiseaux, 28 % de mammifères et 1 % de reptiles/amphibiens. Parmi eux, près d’un tiers arrive pour cause de traumatisme, nécessitant des examens approfondis et des interventions chirurgicales. « On a beaucoup de rapaces qui arrivent avec des fractures ouvertes, des hérissons qui sont pris dans des grillages ou qui passent sous les tondeuses, et des chevreuils avec des pattes cassées après des collisions » énumère Noriane Rhouy.

L'infirmerie du centre de soins pour animaux de la LPO à Audenge (Gironde)
L'infirmerie du centre de soins pour animaux de la LPO à Audenge (Gironde) - Mickaël Bosredon/20 Minutes

A son arrivée, l’animal est emmené en infirmerie, où un diagnostic complet est effectué. « Nous avons une couveuse pour les animaux qui ont besoin d’attention particulière, et nous possédons également une salle de quarantaine pour séparer les animaux qui présentent des maladies contagieuses. Nous disposons aussi d’une table de lavage pour les oiseaux mazoutés, lors de marées noires ou de dégazages sauvages. Il y a toujours des restes qui traînent un peu au large, que les oiseaux ne peuvent pas toujours éviter. Enfin, nous avons des boxes spécialement équipés pour les phoques, car on peut en récupérer cinq ou six de décembre à février. » Le centre bénéficie aussi de différentes volières, notamment pour rééduquer les chauves-souris.

« Des animaux sauvages qui doivent rester sauvages »

La plupart des cages sont masquées, pour éviter de stresser les animaux, « mais aussi pour éviter qu’ils nous voient toute la journée, car ce sont des animaux sauvages qui doivent rester sauvages, donc qui doivent toujours avoir peur de l’homme, et ne pas associer la nourriture à l’homme » insiste la responsable du centre. Les animaux sont conservés entre une semaine et six mois, en fonction de leur traumatisme.

Noriane Rhouy, responsable du centre de soins pour animaux d'Audenge
Noriane Rhouy, responsable du centre de soins pour animaux d'Audenge - Mickaël Bosredon/20 Minutes

En 2020, quelque 4073 animaux ont été recueillis au centre de soins. Un chiffre en baisse de 17 % par rapport à 2019, la crise sanitaire ayant contraint le centre à suspendre les accueils pendant plusieurs mois. « Avec le premier confinement qui a été très strict, il y a eu moins d’accidents de la route, mais plus d’accidents de jardin avec les tondeuses et les taille-haies, relève Noriane Rhouy. Par ailleurs, les gens ont eu tendance à garder les animaux chez eux, ce qui nous a fait beaucoup de travail au déconfinement, car on a eu des arrivées massives d’animaux avec des pathologies très anciennes. Il a fallu en garder certains plusieurs mois avant qu’ils ne se détachent de l’homme. »

Implanté depuis vingt ans à Audenge, le centre de soins de la LPO couvre l’ensemble de la Gironde, mais aussi la Dordogne et le Lot-et-Garonne. Étant l’un des seuls centres français à accueillir des gros mammifères, il n’est pas rare que des particuliers fassent plusieurs heures de route pour lui déposer renard, chevreuil ou loutre blessés…