Climat : Un député LREM pense que le référendum ne se fera pas

REFORME CONSTITUTIONNELLE Selon le « JDD », Emmanuel Macron aurait renoncé à faire voter les Français sur la protection du climat. La majorité rejette la faute sur la droite sénatoriale

20 Minutes avec AFP

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Le référendum pour faire entrer la protection du climat dans la Constitution pourrait ne pas avoir lieu (illustration).
Le référendum pour faire entrer la protection du climat dans la Constitution pourrait ne pas avoir lieu (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Y aura-t-il un référendum visant à inscrire la protection du climat dans la Constitution ? Si ce vote était, il y a encore peu, voulu par Emmanuel Macron, la réponse à cette question ne semble aujourd’hui plus du tout certaine. Comme s’il voulait préparer l’opinion, dans le Journal du Dimanche le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade estime ainsi que les conditions de ce référendum « ne sont pas réunies ». Surtout, le journal assure, après enquête, que le chef de l’Etat lui-même y aurait déjà renoncé.

Selon Pieyre-Alexandre Anglade, pour trouver les coupables de cet échec, il faut regarder du côté des sénateurs. La chambre haute contrôlée par la droite, et qui examine lundi le texte déjà voté par l’Assemblée nationale, « a fait le choix de vider de sa substance la proposition de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), et donc d’empêcher l’accord », accuse le député.

Bataille autour du terme « garantit »

Le projet de loi inspiré par la CCC grave à l’article 1er de la Loi fondamentale que la France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ». Or la majorité du Sénat rejette le terme « garantit », qui donnerait selon elle à la préservation de l’environnement une forme de priorité sur les autres principes constitutionnels.

Le JDD affirme également dans un article séparé, citant des sources anonymes dans la majorité et à l’Elysée, qu’ Emmanuel Macron a renoncé à organiser le référendum sur cette révision constitutionnelle, qui ne serait possible que si le texte était adopté en termes identiques par les deux chambres. Interrogé sur un possible abandon du référendum, le député LREM assure : « nous voulons toujours offrir la possibilité aux Français de trancher la proposition des membres de la CCC d’inscrire la lutte pour le climat dans la Constitution ».

Une séance cruciale lundi

« L’engagement du président de la République n’était pas de faire [le référendum] sur la base d’un texte escamoté par la droite sénatoriale », poursuit-il. « J’espère encore qu’en séance publique, à partir de lundi, les sénateurs rehausseront leur niveau d’ambition. Mais je crains que ce ne soit pas le cas. Nous verrons ensuite si le texte est de nouveau étudié à l’Assemblée nationale », ajoute-t-il. Rendue responsable de l’éventuel échec de l’organisation du référendum, la droite sénatoriale aura l’occasion lundi de répondre en séance aux accusations de la LREM.