Le dioxyde de titane « pas sûr » en tant qu’additif alimentaire, estime l’autorité européenne

ALIMENTATION Le E171 est utilisé dans divers aliments pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes

Manon Aublanc

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Les bonbons contiennent aussi du dioxyde de titane (image d'illustration).
Les bonbons contiennent aussi du dioxyde de titane (image d'illustration). — JOEL SAGET / AFP

Connu aussi comme le colorant E171, le dioxyde de titane ne peut plus être considéré comme sûr en tant qu’additif alimentaire, a estimé l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ce jeudi.

Le E171 est un additif alimentaire sous forme de poudre, constitué de particules de dioxyde de titane. Il est utilisé dans divers aliments pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes.

Une étude menée à la demande de la Commission européenne

En France, le E171 est utilisé dans de nombreux produits alimentaires tels que les confiseries, les pâtisseries ou encore des plats cuisinés, selon le site de l’Agence nationale française de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). « En prenant en compte toutes les études et données scientifiques disponibles, le groupe a conclu que le dioxyde de titane ne peut plus être considéré comme sûr en tant qu’additif alimentaire », affirme un communiqué de l’EFSA, citant un haut responsable, le professeur Maged Younes.

« Un élément décisif pour arriver à cette conclusion a été que nous ne pouvions pas exclure les problèmes de génotoxicité après la consommation de particules de dioxyde de titane. Après une ingestion orale, l’absorption des particules de dioxyde de titane est faible, mais elles peuvent s’accumuler dans l’organisme », a-t-il ajouté. La génotoxicité désigne la capacité d’une substance chimique à endommager l’ADN, le matériel génétique des cellules, rappelle l’EFSA dans son communiqué, précisant qu’elle a mené cette évaluation à la demande de la Commission européenne.

« Un cancérigène possible »

L’agence européenne précise que son évaluation sert uniquement à la Commission et aux Etats membres, qui sont les seuls à pouvoir prendre une décision concernant l’utilisation de cet additif. Le Conseil supérieur de la Santé belge considère par exemple que le dioxyde de titane est « un cancérigène possible (catégorie 2B) ». De son côté, la France l’avait interdit l’année dernière comme additif alimentaire pendant un an. Des chercheurs avaient en effet établi que ce produit pouvait provoquer des lésions pré-cancéreuses chez des rats de laboratoire.

L’UFC-Que Choisir, qui redoutait que l’EFSA remette en cause l’interdiction en vigueur en France, s’est dite jeudi « satisfaite » de l’annonce de l’autorité européenne, tout en regrettant qu’elle ne concerne pas également la présence du dioxyde de titane dans les cosmétiques et les médicaments.

De son côté, le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) appelle la Commission européenne à se saisir de l’avis de l’EFSA pour « proposer rapidement aux Etats membres d’interdire l'E171 » dans l’ensemble de l’UE, à la suite de la France. « L’additif E171 n’est pas nécessaire d’un point de vue technique, il est utilisé uniquement à des fins esthétiques, n’a aucune valeur nutritionnelle, ne permet pas aux aliments de se conserver plus longtemps », a observé Camille Perrin, une experte du Beuc. « En bref, il n’apporte aucun bénéfice aux consommateurs, et comme l’exemple de la France l’a montré, les producteurs de l’agroalimentaire arrivent très bien à s’en passer », a-t-elle conclu.