Est-ce que les gens changent vraiment leurs habitudes lors des pics de pollution ?

ETUDE Des chercheurs toulousains lancent une enquête auprès du grand public pour en savoir plus sur la qualité de l’ai extérieur et nos habitudes de vie au quotidien

Béatrice Colin

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Lors d'une journée de pic de pollution, ici à Paris. (illustration).
Lors d'une journée de pic de pollution, ici à Paris. (illustration). — HOUPLINE-RENARD/SIPA
  • Une dizaine de chercheurs toulousains issus de cinq laboratoires de l’université lance une grande enquête sur la qualité de l’air extérieur auprès du grand public.
  • Le questionnaire aborde les habitudes au quotidien de la population en cas de pic de pollution, notamment.
  • Cette étude a pour objectif de faire des propositions, notamment aux pouvoirs publics, pour améliorer notamment la communication et les représentations sur la qualité de l’air.

« La qualité de l'air sera mauvaise demain, un pic de pollution aux particules fines est attendu, le seuil d’information va être déclenché ». Ces annonces s’affichent régulièrement sur nos écrans de télévision ou sur les sites d’information en ligne. Des messages de prévention qui se traduisent parfois par la mise en place de mesures, comme la circulation alternée dans les grandes villes. Mais il est encore difficile de savoir si ces alertes ont un impact sur les agissements des citoyens.

Pour le savoir, une dizaine de chercheurs toulousains issus de cinq laboratoires différents, vient de lancer une enquête auprès du grand public, baptisée ESPAIR.

De l’aération quotidienne du domicile au moyen de transport utilisé, une série de questions doit permettre à ces scientifiques de mieux comprendre l’impact de la qualité de l’air extérieur, notamment sur les habitudes de vie au quotidien ou la santé des jeunes enfants.

Lutter contre les idées reçues

« Nous demandons aux citoyens s’ils connaissent les indicateurs de la qualité de l’air, si cela les intéresse, comment ils se renseignent. Dans les grandes métropoles, on va savoir qu’il y aura un pic parce qu’il y aura une incidence sur la circulation des véhicules, mais ailleurs ? Certaines personnes qui habitent en milieu rural n’ont pas du tout de représentation de la qualité de l’air, alors qu’elles sont confrontées à la pollution aux pesticides, elles se croient en sécurité alors qu’elles ne le sont pas », explique  Chantal Zaouche Gaaudron, coordinatrice de l’étude et responsable du groupement d’intérêt scientifique Bébé, petite Enfance en Contextes (BECO).

L’analyse de ce questionnaire doit permettre de faire des propositions aux pouvoirs publics, notamment sur la teneur de leurs messages en cas de pic de pollution, sur la meilleure façon de lutter contre les idées reçues, notamment auprès des parents. Quand la qualité de l’air est mauvaise, pas la peine à Toulouse par exemple d’aller se promener le long du Canal du Midi avec sa poussette, l’air y est autant de mauvaise qualité qu’ailleurs.